Québec – L’entreprise de traitement d’eau EZ-Algae de Drummondville propose un dispositif générant des ondes ultrasoniques qui éliminent rapidement et de façon permanente les algues bleues. Cette technique, nouvellement arrivée sur le marché québécois, serait considérée comme une bonne alternative pour le contrôle des cyanobactéries et aurait fait ses preuves dans certains pays.
Après avoir constaté les résultats concluants de plusieurs projets dans le monde, Mark Vanderbeken, président d’EZ-Algae a décidé de lancer la technique au Québec, il y a trois mois. Depuis la fin des années 1990, elle serait utilisée majoritairement en Hollande et en Belgique. Mais elle serait en développement en Europe, en Chine, aux États-Unis et commencerait à se faire connaître au Canada.
«Je suis allé visiter le lac Taihu, à Wuxi en Chine, qui alimente deux millions de citoyens en eau potable. Il est complètement contaminé par les algues bleues. À compter de la semaine prochaine, les autorités vont mettre en place un système d’ondes ultrasoniques afin d’éliminer la problématique», a raconté monsieur Vanderbeken. Cette technique se serait avérée la plus avantageuse pour des résultats rapides.
Pour être efficaces, les appareils installés doivent être alimentés durant toute l’année. Ils consomment environ 45 watts et n'exigent aucun entretien. Les ondes ultrasoniques élimineraient complètement la prolifération des cyanobactéries d’une étendue d’eau après un court temps d'exposition: de 6 à 7 semaines. Déjà, après quelques jours, les algues exposées commenceraient à mourir. Les algues mortes flotteraient pendant quelques jours et se décomposeraient ou descendraient dans le fond de l’eau.
Le plus gros dispositif peut protéger une surface de 500 pieds par 300. Le coût: 3000$ pour une durée de vie de 10 à 15 ans. «Les coûts peuvent paraître élevés, mais partagés entre les citoyens occupant les alentours d’un lac, cela revient à bon marché. Des subventions gouvernementales pourraient également contribuer à l’achat des appareils», a donné en exemples Mark Vanderbeken.
Étude
En février 2007, l’étude Solutions curatives pour la restauration de lacs présentant des signes d’eutrophisation, effectuée à l’Université de Sherbrooke a démontré que «l’irradiation ultrasonique est considérée comme une bonne alternative pour le contrôle rapide des algues bleues». L’étude indique que la technique ne comporte «aucun danger pour les humains, les animaux et les plantes aquatiques». Il est également précisé que l’irradiation des algues bleues «n’engendre pas de dégagement des toxines des algues dans l’eau». De plus, elle mentionne que les dispositifs s’installent facilement.
Cependant, l’étude démontre que l’irradiation ultrasonique serait «davantage efficace sur les algues de surface et difficilement applicable dans de grands lacs profonds». Autre désavantage: la baignade est entravée lorsque les algues bleues se dégradent dans l’eau après avoir été irradiées.
Mise en marché
Actuellement, la technique EZ-Algae a été adoptée en Colombie-Britannique, en Ontario et en Floride. Des pourparlers seraient également en cours pour d’éventuelles installations dans les Laurentides. Cette région est la plus touchée par les cyanobactéries en ce moment avec 21 lacs contaminés sur 55 au Québec. Monsieur Vanderbeken compte promouvoir son produit auprès des MRC, des villes et du gouvernement.
Ce dernier croit que l’irradiation ultrasonique est très efficace pour lutter contre la prolifération des cyanobactéries. Par ailleurs, il pense que les autorités municipales et gouvernementales doivent continuer à sensibiliser les citoyens. Il prône également le contrôle du phosphore alimentant les cyanobactéries qu’on retrouve dans les engrais, les détergents et les déjections humaines. Et, la «revégétation» des berges des lacs et des rivières.