Les classes ordinaires débordent d'élèves handicapés, ayant des troubles de comportement ou d'apprentissage, au point où environ 75% des groupes contreviennent même à la loi.
C'est du moins ce qu'affirme au terme d'une enquête la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) dont les résultats ont été dévoilés hier.
Selon les plus récentes données du ministère de l'Éducation, le taux d'intégration des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage a bondi au cours des quatre dernières années à tous les niveaux.
Mais c'est au secondaire où ces élèves plus difficiles se retrouvent de plus en plus dans les classes ordinaires. Le taux d'intégration a en effet passé de 37,8 % en 2002- 2003 à 46% en 2005-2006.
La législation actuelle fixe pourtant une limite du nombre d'élèves ayant des troubles dans un groupe normal.
L'article 235 de la Loi sur l'instruction publique stipule que leur intégration ne doit pas constituer «une contrainte excessive» ni porter atteinte de façon importante aux droits des autres élèves.
Un sondage mené auprès de 300 enseignants de la FSE révèle que les trois quarts d'entre eux jugent que leur classe dépasse le seuil légal.
Tous les élèves payent le prix
En intégrant à tout va des élèves en difficulté dans les classes normales, c'est l'ensemble des élèves qui sont pénalisés, a lancé la présidente de la FSE, Johanne Fortier, en point de presse hier.
«On ne fait pas de plaidoyer contre l'intégration, mais il faut mettre des limites et tenir compte des difficultés que vivent les profs», a-t-elle dit.
Pour diminuer la pression sur les épaules de profs qui menacent de craquer, Mme Fortier lance des pistes de solutions, comme la diminution de la taille des classes, la limitation du nombre d'élèves en difficulté par groupe et le maintien de classes spéciales.
La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne affirme pour sa part partager certaines des préoccupations des enseignants.
«Le support aux élèves en difficulté est une priorité pour la ministre. Elle va regarder ça de très très près», a indiqué son attaché, Jean-Pascal Bernier.