Feu vert aux études d’opportunité

Congestion routière - Feu vert aux études d’opportunité

La route 335, dans le prolongement de l’autoroute 19, de Laval à Bois-des-Filion, accueille autant d’automobilistes que l’autoroute Bonaventure au centre-ville de Montréal.Photo Benoît Pelosse

Jean-Maurice Duddin
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 01-06-2007 | 11h39

Le mécontentement des électeurs a eu raison du gouvernement Charest qui a finalement donné le feu vert aux études pour le prolongement de l’autoroute 19, de Laval à Bois-des-Filion.

S’il y a plus de 30 ans que les terres ont été expropriées (1973) pour permettre le prolongement de la voie rapide, il n’y avait pas moyen de faire bouger le gouvernement jusqu’aux dernières élections, malgré le fait que la congestion routière y est problématique tous les jours de la semaine. Il y a 57 000 véhicules par jour dans ce secteur, soit autant que sur l’autoroute Bonaventure, qui mène au cœur de la métropole.

La ministre des Transports, Julie Boulet, a finalement donné le feu vert, en catimini, au début mai, aux études d’opportunité, première de cinq étapes essentielles pour réaliser l’autoroute. Dans la même foulée, elle a ordonné la réalisation des bretelles d’accès à l’autoroute 640 et l’élargissement de la route 335 de deux à quatre voies. Ces travaux débutent dès cet été, pour deux ans, au coût de 6,5 millions.

Pourtant, tout juste avant les élections de mars, le gouvernement Charest avait fait savoir que le prolongement de l’autoroute n’était ni dans ses priorités, ni dans ses moyens financiers.

Sauf qu’aux élections, les électeurs de la région ont montré leur mécontentement, autant aux péquistes qu’aux libéraux, face à l’inertie qui dure depuis des décennies. Ce sont trois députés adéquistes qui ont été élus dans Blainville, Terrebonne et Groulx.

Pression forte

Il faut dire que la pression publique exercée par la Coalition pour le prolongement de l’autoroute 19 a eu beaucoup d’effet. C’est le maire de Bois-des-Filion, Paul Larocque, qui en avait assez que ses concitoyens mettent plus d’une heure matin et soir pour traverser à peine un demi-kilomètre entre l’autoroute 640 et la rue Adolphe-Chapleau, qui a lancé le mouvement populaire.

Exaspéré par le laxisme de Québec, il a formé la Coalition et lancé une campagne publicitaire, l’an dernier, où les automobilistes coincés dans les bouchons quotidiens étaient invités à prendre leur cellulaire pour se plaindre directement au ministre des Transports.

Réactions heureuses

Le maire Larocque se dit heureux que les études d’opportunité pour le prolongement de l’autoroute soient entreprises. «Le processus vient d’être engagé.»

À Laval, la porte-parole du maire Gilles Vaillancourt, Amélie Cliche, estime que ce lien autoroutier va augmenter la qualité de vie des citoyens autant de Laval que de la Rive-Nord en réduisant les temps de transport et en diminuant à la fois la congestion autoroutière sur les autoroutes 13 et 15.

Au bureau de la ministre, Daniel Desharnais précisait qu’aucune décision ne serait prise avant d’avoir reçu le résultat des études d’opportunité et que le conseil des ministres décide.

75 M$ pour cinq kilomètres

  • ­ L’autoroute pourrait être réalisée d’ici trois à cinq ans, selon les scénarios retenus par Québec.

  • ­ Les études d’opportunité vont coûter environ 500 000 $, se dérouleront au cours des 18 prochains mois pour établir (1) les besoins, (2) la sécurité routière et (3) les solutions possibles.

  • ­ Avec ces résultats, le ministère des Transports (MTQ) sera capable de choisir le type d’autoroute retenue. S’enclenchent ensuite les études d’impact environnemental, l’élaboration de l’avant-projet, les plans et devis puis la construction.

  • ­ Au total, Québec envisage que l’autoroute de cinq kilomètres coûtera autour de 75 millions et comportera quatre viaducs, soit aux intersections Dagenais, Saint-Saëns et Mille-Îles, à Laval, et Adolphe-Chapleau, à Bois-des-Filion.

  • ­ Quatre viaducs enjambent déjà l’autoroute 640 à la hauteur de la route 335 (sur l’emprise de l’autoroute 19). Ils ont été construits en 1975. Un seul a été utilisé. Les trois autres débouchent encore aujourd’hui sur de la broussaille.

  • ­ Le pont Athanasse-David, au-dessus de la rivière des Mille-Îles, sur la route 335, a été construit en 1968 et élargi en 2001.

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