L’ingénieur à la retraite de 76 ans a aussi confirmé que les travaux de réparations du joint d’étanchéité en 1992 avaient été exécutés «comme à l’habitude», comme pour n’importe quel viaduc, alors que celui de la Concorde était en porte-à-faux.
Le Journal avait révélé, la semaine dernière, ce manquement comme un élément «contributif» possible à l’effondrement du viaduc, le 30 septembre l’an dernier, qui a tué cinq personnes et blessé six autres.
Pas automatique
L’ingénieur Simic a toutefois indiqué que l’absence d’étaiement, soit de soutien du tablier par des pattes durant les travaux, aurait pu provoquer des fissures en cisaillement, en mentionnant toutefois que ce n’est pas automatique, que ça dépend de la profondeur de la réparation. C’est une fissure en cisaillement du béton qui a provoqué l’effondrement du tablier.
Durant sa première inspection, en 1985, l’ingénieur d’origine yougoslave avait noté les problèmes de fuite aux joints d’étanchéité et recommandé qu’ils soient réparés en 1988.
Tous les autres rapports qu’il a signés, jusqu’en 1991, font un rappel de la réparation nécessaire et de la dégradation progressive du béton. Tous ces rapports mentionnent cependant que le viaduc dans son ensemble est «en bon état».
Les réparations ne seront effectuées qu’en 1992.
Inspection détaillée
On a aussi appris qu’en 1984, le MTQ avait imposé de nouvelles règles d’inspections détaillées pour les structures plus complexes, comme le viaduc de la Concorde, à tous les dix ans.
Même si en 1992, les travaux majeurs de réfection ont été faits, personne au ministère n’a pensé à procéder alors à une inspection exhaustive de la structure, qui avait pourtant été construite en 1971.
«C’était pourtant une occasion en or pour s’y adonner», a relevé le président de la Commission, Pierre-Marc Johnson.
M. Simic a d’ailleurs révélé que les ingénieurs syndiqués du MTQ se consultent peu et que ça ne fonctionne pas comme ça dans le privé. Il a qualifié cette situation de «malheureuse».