Même si seulement 15 % à 20 % de ses patients sont de religion judaïque, l'Hôpital juif de réadaptation de Laval a fortement suggéré à tous ses bénéficiaires de respecter intégralement les règles prescrites par la pâque juive.
C'est ce qu'a confirmé le directeur général de l'hôpital qui compte 132 lits, André Ibghy.
«Le respect des coutumes juives fait partie de la culture de l'établissement», dit-il.
«Pour toutes les fêtes, tout le monde est invité à participer. Nous leur disons que le respect des lois et coutumes juives est positif», ajoute-t-il.
Aucune levure permise
À l'occasion de la pâque juive, qui s'est terminée hier soir, ces rites prescrivent, entre autres, de ne rien manger qui puisse contenir de la levure, dont le pain ou les pâtes, pendant huit jours.
En outre, tout au long de l'année, les patients en réadaptation de l'hôpital - qui est public et donc financé par l'État - n'ont pas le droit d'apporter de la nourriture non cachère dans leur chambre.
Et pour appliquer ces règles, un rabbin veille au grain.
«Le rabbin a la responsabilité d'expliquer à toutes les personnes le pourquoi des fêtes. Alors il se promène et explique les règles. C'est une occasion pour éduquer nos patients», confie M. Ibghy.
«Il peut échanger des biscuits non cachers pour des biscuits cachers. Il demande, par respect, à faire ces échanges de nourritures», ajoute-t-il.
Selon M. Ibghy, cette façon de faire est bien acceptée par les patients de l'hôpital.
Employés fâchés
Ces usages s'appliquent aussi aux employés de l'établissement, qui peuvent toutefois s'alimenter dans une petite cafétéria non cachère.
Mais ils ne font pas l'affaire de certains membres du personnel.
«Imaginez, dans notre société que l'on veut laïque, un prêtre catholique qui se promènerait en restreignant la liberté des individus dans un hôpital», a dénoncé une personne travaillant dans l'établissement.
Mangent-ils à leur faim?
Selon cette même personne, les règles de la pâque juive font en sorte que les patients ne mangent pas à leur faim, étant privés des distributrices de nourriture et contraints à ne manger que des aliments particuliers à des heures précises.
«Nous ne jouons pas avec la santé de nos patients. Notre menu est équilibré et composé par une grande firme», réplique le directeur général de l'hôpital, André Ibghy.
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