Décision bien accueillie

Fabrice De Pierrebourg
Le Journal de Montréal

La Ligue des contribuables du Québec applaudit des deux mains la décision de congédier le col bleu qui avait refait l'entrée de garage de son frère aux frais des citoyens lavallois.

«Je félicite la Ville de Laval! s'exclame Claire Joly, présidente de cet organisme. C'est un geste responsable envers les contribuables et un signal clair envers ses employés.»

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Le Journal a relaté hier l'histoire d'un col bleu de Laval qui s'était pointé devant la résidence de son frère avec trois collègues, un camion d'asphalte et un rouleau compresseur pour remettre à neuf une partie de son entrée.

Un voisin, témoin de cette scène surprenante, avait immédiatement prévenu la Ville. Le fautif avait été congédié après enquête administrative. Congédiement confirmé par un arbitre du travail.

Dans un jugement dévastateur, celui-ci a écrit que le col bleu avait «terni l'image de la ville de Laval et celle de ses collègues qui s'appliquent à bien faire leur travail».

Le col bleu s'était justifié en disant que l'entrée s'était «affaissée» à la suite de travaux de voirie antérieurs et que son frère avait le droit, en tant que contribuable, à ce que l'on répare ce que la Ville avait endommagé.

«Il n'y a aucune raison d'utiliser son temps de travail pour favoriser un proche, estime Claire Joly. Il y a d'autres recours avant d'appeler le beau-frère.»

Un acte isolé

«Le col bleu a fait une erreur, il l'a admis [...] le dossier est clos pour nous», a dit Martin Gagnon, président du syndicat.

Celui-ci estime «inacceptable» que tous ses membres soient mis dans un même panier à la suite d'un acte isolé. Enfin, il se plaint que le Journal se soit «saisi [...] d'une vieille nouvelle» de quatre mois.

Il est bon de préciser que ce jugement, daté du 26 décembre 2006, n'a été rendu public que tout récemment.

À la Ville de Montréal, on affirme qu'«aucun cas de ce genre-là» n'a été recensé depuis «deux ou trois ans». «Chez nous, c'est aussi tolérance zéro», mentionne Philippe Sabourin, porte-parole.

Même son de cloche à Longueuil. Aucun dossier similaire mis à jour depuis des années, dit-on. «Si c'était le cas, des mesures disciplinaires seraient prises. Un tel geste ne resterait pas impuni», assure François Laramée, directeur des communications.

Le 2 avril, les cols bleus de Laval ont voté à 97 % en faveur d'un mandat de grève.


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