Le reste de la barricade serait levée ce matin, une fois que des documents détaillant l’entente conclue seront signés. Ni la Sûreté du Québec ni les représentants des autochtones ou du gouvernement n’ont voulu révéler la teneur des pourparlers.
Les barricades avaient été érigées hier matin, vers 5h30. Ce blocus a tenu en otage toute la population abitibienne.
Durant toute la journée, les protestataires étaient armés et se disaient prêts à mourir pour leur cause. Tandis que les policiers les surveillaient à distance.
«Nous ne sommes pas venus ici pour se faire tirer dessus, mais si la Sûreté du Québec essaie de nous sortir de là, on va se défendre et ça va mal finir», a affirmé, hier, Guillaume Carle, grand chef de la Confédération des peuples autochtones du Canada et porte-parole des manifestants.
Deux tipis sur la chaussée
Aux petites heures, les forcenés ont utilisé des billots de bois et des barils pour bloquer les deux voies de la route, à environ 70 kilomètres au nord de Grands-Remous, dans le parc de La Vérendrye.
Une roulotte et deux tipis installés en travers du chemin servaient d’abris aux autochtones rassemblés sur place.
«Des armes de chasse ont été aperçues de l’autre côté de la barricade. On n’interfère pas, on est là pour assurer la sécurité de tous et chacun, a dit Mélanie Larouche de la SQ de l’Outaouais. Avant d’intervenir, il faut s’assurer qu’on n’envenimera pas les choses.»
Drapeau warrior
Tout au long de la journée, le drapeau des warriors a flotté au-dessus de la barricade.
«Notre peuple est en train de se révolter parce qu’il n’est pas traité équitablement. Les warriors sont là pour protéger les manifestants. Les gars m’ont dit qu’il faudrait les tuer pour les enlever de sur la route», a dit M. Carle.
Les véhicules qui s’engageaient sur la 117 devaient rebrousser chemin avant le barrage. Il n’y a pas d’autre lien routier entre les deux régions.
«C’est dommage de ne pas avoir le choix d’en venir là pour se faire écouter», a dit le grand chef.
Revendications nébuleuses
Les autorités n’ont pas laissé les médias s’approcher de la barricade.
Selon le porte-parole des autochtones, une entente avec le gouvernement du Québec sur la récupération du bois en forêt n’a pas été respectée et serait à l’origine de ce moyen de pression.
«De plus, des centaines d’autochtones ne veulent plus vivre dans une réserve et là, ils vivent à l’extérieur dans des conditions épouvantables, a-t-il expliqué. Ce barrage-là se veut un acte de sensibilisation.»