André Boisclair veut prendre le chemin de gauche

Annie Fernandez
Journal de Québec

André Boisclair entend aller chercher l'électorat de la «concertation et de la solidarité», ses adversaires adéquistes et libéraux ayant choisi de se battre à droite.

«Les deux sont en train de rivaliser pour la droite. Ça nous laisse le champ libre. Nous sommes le seul parti à nous présenter de façon claire avec une vision renouvelée d'une social-démocratie qui va rassembler les progressistes», a dit André Boisclair hier.

Il réfute l'idée que les électeurs de Québec tendent vers la droite, malgré les résultats des élections fédérales il y a un an. «Ce qui fonctionne à Québec c'est le pouvoir. Les gens de Québec sont à la recherche de plus de pouvoir et c'est que nous allons leur offrir. Ils se sont sentis délaissés et ils sont à la recherche d'alternatives», analyse-t-il, en se disant en faveur d'un assouplissement du cadre législatif et de la réglementation.

Séduisante, mais...

Le chef péquiste qualifie la proposition de l'ADQ de verser 100 $ par semaine pour chaque enfant qui ne fréquente pas la garderie subventionnée «d'irréaliste et d'irresponsable». Selon lui, le financement de ce programme passerait par des compressions à l'aide sociale. «Il suffirait qu'on connaisse un cycle à la hausse à l'aide sociale pour bouleverser tout l'équilibre des finances», dit-il. Sans compter, dit-il, que 250 millions de dollars iront directement dans la poche du fédéral par l'imposition, dans le contexte où le Québec tente de récupérer l'argent qu'Ottawa lui doit.

Bien sûr, cette proposition peut être «séduisante», convient André Boisclair, comme les baisses d'impôts promises par Jean Charest en 2003. Mais le PQ n'avait rien de mieux à proposer hier, sinon que de préciser que sa plate-forme électorale serait connue samedi prochain.

Bilan de l'inaction

«Depuis quatre ans, la capitale nationale a perdu de l'influence», a-t-il aussi tenu à dire, entouré de ses candidats locaux. André Boisclair décrie le fait que Jean Charest ait déchiré le contrat de ville avec Québec, même chose avec l'entente négociée avec Alcoa qui aurait donné 1500 emplois à Deschambault, qu'il ait réduit de 1,2 million le budget de la capitale nationale et qu'il ait affecté le PIB de la région de Québec «dont la croissance est inférieure à la moyenne québécoise».

Il qualifie de «relative» la représentation ministérielle à Québec, Sam Hamad ayant été renvoyé au banc et Marc Bellemare ayant déserté Vanier. Restent Margaret Delisle et Michel Després, accusé par M. Bellemare dans Le Soleil de s'être «regardé les souliers durant son mandat».

Philippe Couillard a aussi raté, selon lui. «En date du 13 février, les urgences de la région débordaient de 35 % leur capacité d'accueil; 6000 personnes sont sur une liste d'attente pour une chirurgie. Le bilan en santé dans la région de la capitale nationale constitue un échec lamentable», estime le chef du PQ.


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