Le PQ trime dur

Michel Hébert
Journal de Québec

Le PQ a de la difficulté à faire atterrir où il veut les vedettes de l'équipe de rêve qui devait entourer André Boisclair à Québec. Si Agnès Maltais et Rosaire Bertrand sont considérés comme des «intouchables», ailleurs, on se bouscule, on se désiste ou on enrage, selon que l'on apprécie ou pas les pressions du «national».

L'organisateur en chef du PQ, Nicolas Girard, ne nie pas qu'il y ait ici et là quelques difficultés, mais cela fait partie du cours normal des choses avant une élection générale. Hier, André Boisclair a senti le besoin de répéter qu'il avait «compris le message» de 2003. Mais la greffe entre le «nouveau PQ» et l'ancien est difficile, admettent des militants.

Toujours Vanier

Dans Vanier, par exemple, l'establishment du PQ voudrait bien présenter l'avocat Jean-François Bertrand qui, après avoir lorgné Louis-Hébert, s'est vu offrir la circonscription détenue par l'adéquiste Sylvain Légaré. Me Bertrand, dit-on, a repris sa réflexion depuis lors.

Le candidat de la base militante est Sylvain Lévesque, appuyé notamment par Nicole B. Madore, une légende chez les souverainistes de la capitale. Agnès Maltais avait demandé à M. Lévesque de se retirer, mais il a refusé, et ses chances de remporter l'investiture sont réelles. «On verra. Moi, je continue à faire mon travail comme je le fais depuis des années», dit le président du Centre local de développement.

«Ce sont les militants qui choisissent les candidats, c'est à eux de décider qui sera le meilleur candidat pour remporter la circonscription de Vanier, c'est ça, notre objectif», a dit à ce propos M. Girard, hier.

Ça joue du coude aussi dans Chauveau, où l'avocate Francine Mercure pourrait «tasser» Robert Miller, le candidat des militants locaux et ancien bras droit de Bernard Cleary. Dans Montmorency, le PQ n'osera pas déloger Daniel Leblond, qui avait été l'artisan de la victoire de Jean-François Simard, en 1998. Il aurait une grosse machine. Alain Goldberg, l'expert en patinage artistique, identifié aussi comme candidat possible dans Chauveau ou Montmorency, s'est désisté cette semaine, apparemment déprimé par les flagellations du PQ, la semaine dernière.

Joli-Coeur

Dans Louis-Hébert, l'avocat André Joli-Coeur fait sa campagne sans tambour ni trompette. «Il cogne aux portes, serre des mains et embrasse des bébés», nous a dit un de ses collaborateurs. M. Joli-Coeur dit faire tout ce qu'il peut, compte tenu de son horaire de travail, et admet devoir mettre les bouchées doubles pour suivre le rythme de l'enseignant Pierre-Pascal Payer.

Ami personnel des Parizeau, Me Joli-Coeur a glissé sous le bras de Lizette Lapointe son livre de chevet: Petit manuel de campagne électorale, de l'écrivain latin Cicéron. «Ça date de l'époque romaine, mais c'est toujours très pertinent», dit Me Joli-Coeur.


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