Les retombées du 11 septembre

Caroline Roy Et Louis M. Gagné
Le Journal de Montréal

La communauté arabe souffre des retombées du 11 septembre. Même si elle est l'une des mieux intégrées ici, les Québécois expriment envers elle le plus fort degré de réprobation.

Ils sont majoritairement francophones et éduqués. Ils sont répartis dans la plupart des quartiers de Montréal. Et ils sont très ouverts aux revendications des Québécois.

Pourtant, les Arabes sont ceux dont les Québécois ont la moins bonne opinion: 50 % d'entre eux entretiennent une mauvaise opinion à l'égard de cette communauté.

«La communauté arabe porte le poids du 11 septembre et des intégristes religieux», explique Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing. «C'est à eux que les gens pensent quand ils répondent au sondage.»

La communauté juive écope aussi, car 36 % des Québécois ont une mauvaise opinion d'elle. Est-ce surtout en raison de la communauté hassidique?

«L'inconnu crée des frictions. On a une communauté fermée. Les gens disent que nous ne sommes pas assez amicaux», commente Alexander Werzberger, président de la Coalition des associations hassidiques d'Outremont.

Pour sa part, la communauté noire récolte un taux de 27 % de réprobation. Selon Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec, tout est un problème d'image.

«Les gens pensent que les crimes sont commis par les Noirs et que les Noirs sont les seuls responsables des gangs de rue et de la violence. Il faut mieux informer la population sur notre communauté», dit-il.

La preuve que le racisme existe

Plusieurs communautés ont été étonnées d'apprendre qu'elles avaient une si mauvaise réputation. D'autres croient que c'est la preuve que le racisme existe au Québec.

«Grâce à ce sondage, on peut enfin prouver qu'il y a du racisme envers les musulmans», lance Saïd Jaziri, l'imam de la mosquée al-Qods dans le quartier Saint-Michel.

Selon Marie Mc Andrew, titulaire de la Chaire en relations ethniques à l'Université de Montréal, la communauté arabe et les Québécois cohabitent bien, mais l'actualité internationale envenime souvent leurs relations.

«Les Arabes sont ici depuis environ cinq ans. Mais il y a trente ans, on aurait eu les mêmes résultats pour les Italiens. Et les Américains n'avaient pas une très bonne opinion des Canadiens français qui ont immigré en Nouvelle-Angleterre (à la fin du 19e siècle)», rappelle-t-elle.


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