Preuve supplémentaire que la loi n'évolue pas au même rythme que la technologie, la législation québécoise interdit toujours aux conducteurs d'installer un système de positionnement par satellite, plus communément appelé GPS, dans leurs véhicules.
La situation est d'autant plus anachronique que le GPS est à la mode. Plusieurs nouvelles voitures en sont dotées d'office. Par ailleurs, un récent sondage Decima, réalisé au profit de Bureau en gros, montre que le joujou figure parmi les appareils les plus convoités par les jeunes Québécois.
Un examen attentif du Code de la sécurité routière (CSR) montre pourtant qu'il est illégal d'utiliser ce système. Les seules exceptions concernent les véhicules de police et les ambulances. Théoriquement, le non-respect de cette disposition peut entraîner l'imposition d'une amende variant de 30 $ à 60 $.
Selon Gaétan Bergeron, chef de la division ingénierie des véhicules à la Société de l'assurance-automobile du Québec (SAAQ), une dérogation existe depuis 1999. Dans ce document, la Société d'État demande explicitement aux policiers de faire preuve de «tolérance si le GPS est utilisé de façon sécuritaire». Il ne nous a pas été possible de consulter cet écrit. «Ce n'est pas un texte public», a signalé M. Bergeron.
UNE AUTORISATION GÉNÉRALISÉE ?
Par ailleurs, Gaétan Bergeron annonce pour «bientôt» un projet de règlement qui viendra modifier l'article 439. La SAAQ a d'ores et déjà estimé qu'un GPS bien utilisé est sécuritaire. Si une autorisation généralisée des GPS devait être décidée, c'est une revendication de l'industrie du taxi, vieille de dix ans, qui serait ainsi satisfaite.
Selon Josée Delisle, l'attachée de presse du ministre des Transports, Michel Després, on n'en pas encore là. «M. Després est sensible à cette demande de l'industrie du taxi, dit-elle. Cependant, tout cela doit être bien balisé. Il faut s'assurer de la compatibilité de l'utilisation des GPS avec la sécurité routière.»