QUÉBEC -Joseph Facal l'avait prédit pas plus tard que cette semaine: un leader politique allait bientôt s'emparer du dossier des accommodements raisonnables et y mettre le feu. Toujours allumé et populiste, c'est Mario Dumont qui s'est emparé du flambeau.
L'Action démocratique a beau végéter depuis sa fondation en 1994, la politique québécoise ne peut pas se passer de SuperMario pour dire les vraies affaires, dans un langage direct, sans rectitude politique.
Et hier, il a marqué un gros but en disant tout haut ce que beaucoup de Québécois pensent tout bas.
Depuis trop longtemps, a dit le chef de l'ADQ, les Québécois - et surtout les Montréalais - mettent de l'eau dans leur vin pour entretenir une coexistence pacifique avec tous ceux et celles qui choisissent notre coin d'Amérique pour se refaire une vie.
Les révélations des dernières semaines sur les accommodements raisonnables qui se pratiquent ici pour se plier aux sensibilités religieuses de minorités ont fait sauter le couvercle de Mario Dumont... juste au bon moment d'ailleurs, à la veille du congrès de son parti à Trois-Rivières.
Là, a-t-il jugé, «on est rendu dans les accommodements abusifs».
Lorsqu'un «papa» ne peut plus assister aux cours prénataux «de sa blonde» dans un CLSC «pour lequel il paie des taxes» parce que ça brime «la culture des autres», on n'est «d'aucune façon raisonnable», a tonné Mario Dumont.
Le chef de l'ADQ en a rajouté hier en déclarant qu'accepter de faire de tels compromis lance le message que «la nation québécoise» consent à ce que ses valeurs disparaissent.
«Avant de demander à la Saskatchewan de nous reconnaître comme nation, il faut commencer nous-mêmes par s'affirmer comme telle et dire dans quelle société de droit nous vivons.»
Pour le chef d'un parti qui a décidé de faire sa niche au centre-droit de l'échiquier politique en vue du prochain rendez-vous électoral, l'affaire des accommodements raisonnables ne pouvait mieux tomber pour marquer des points.
L'affaire tombe d'autant plus à pic que ce congrès national ce week-end à Trois-Rivières sera principalement axé sur la famille et sur les moyens à prendre pour favoriser des familles plus nombreuses, comme un beau chèque de 5 000 $ pour un troisième marmot.
De quoi plaire à Lucien Bouchard...
Si on était méchant, on pourrait cependant questionner cet autre projet de l'ADQ de séparer les garçons et les fillettes dans nos classes d'école, une mesure qui s'éloigne passablement de nos valeurs d'égalité, si chères à un Mario Dumont, aujourd'hui porte-drapeau de la défense de la nation.
Ce qu'il a dit ...
«Dans les années soixante-dix, le PQ, c'était du monde qui descendait dans les rues pour faire des changements. Aujourd'hui, c'est du monde qui descend dans les rues pour s'opposer aux changements.»
- Le chef de l'ADQ Mario Dumont lundi en conférence de presse commentant le 30e anniversaire de la prise du pouvoir par René Lévesque le 15 novembre 1976
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