Le Québec est encore mal préparé

Johanne Roy
Journal de Québec

Les équipes d'urgence sont mieux préparées à faire face à un désastre qu'à une épidémie de grippe aviaire, estime le Dr Bruno Bernardin, chef de traumatologie à l'Hôpital général de Montréal.

«S'il survient une épidémie de grippe, cela va clairement dépasser les ressources dans les hôpitaux. On risque en outre de se faire prendre par l'arrivée soudaine du virus (comme ce fut le cas pour le SRAS, à Toronto). Le gros problème, avec les maladies infectieuses, c'est que le personnel soignant va être touché. On s'attend à un taux de contagion directe de 25 %», a fait état, hier, le Dr Bernardin, à l'occasion du Congrès scientifique de médecine d'urgence qui se tient à Québec.

Selon l'urgentologue, il faudrait mettre en place des outils de triage électroniques liés à une centrale de coordination et un lien de surveillance épidémiologique. «Au-delà d'un seuil critique, on veut que l'alerte soit sonnée. En Alberta, un tel programme a été développé. Le système pourrait également servir en cas d'attaque bactériologique.»

«L'Alberta est, entre autres, à implanter des modules de reconnaissance permettant de mieux documenter les cas étranges qui arrivent à l'urgence. Le personnel soignant peut ainsi, au besoin, isoler immédiatement le malade. Au Québec, on en est encore à se demander comment on va informatiser les salles d'urgence!» a souligné le Dr Bernardin, qui a travaillé en Alberta.

Virus sans frontières

Selon ce dernier, dans l'éventualité d'une épidémie de grippe, une fois l'état d'urgence décrété, la collaboration de la population sera nécessaire pour ralentir la propagation du virus.

«Les maladies infectieuses seront le grand défi des prochaines années, en médecine d'urgence. Sans recourir à des contrôles excessifs, il faut s'assurer qu'on protège les gens. Les infections sont transportées avec une extrême facilité, par avion. Une personne peut avoir été infectée dans un pays X et avoir contaminé plein de gens en peu de temps. On fait face de plus à des bactéries hautement résistantes aux antibiotiques», a mis en lumière le Dr Bernardin.


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