Tout en soulignant qu'il ne fallait pas comprendre que les Québécois sont paresseux, le président du Conseil du patronat du Québec, Michel Kelly-Gagnon, s'est dit surpris de voir que les propos de M. Bouchard suscitaient une telle controverse, «parce que les statistiques prouvent qu'il a raison».
La constatation ne se fait pas que dans les chiffres. Rémi Marcoux, un des porte-étendard du Québec inc. et fondateur de Transcontinental, qui gère des usines partout au Canada et aux États-Unis, approuve.
«Je ne suis pas nécessairement prêt à le dire pour l'Ontario, mais c'est sûr que les Américains travaillent plus que nous», a-t-il témoigné à partir de son expérience.
Tous reconnaissent que les causes du manque de productivité des entreprises québécoises par rapport à leurs voisines ne se limitent pas au nombre d'heures travaillées, mais «ça fait partie de l'équation», rappelle Richard Fahey, vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).
«Si on travaille trois heures de moins par semaine, qu'on le veuille ou non, il faut travailler mauditement bien pour compenser», résume-t-il.
Professeur d'économie à HEC Montréal, Maurice Marchon rappelle qu'il faut «créer la tarte avant de la partager».
«Plus on veut redistribuer la richesse, plus on augmente le fardeau fiscal et plus on décourage les gens de travailler. Ceux qui veulent travailler, eux, s'en vont.»