Un problème de matériaux

Viaduc / Enquête - Un problème de matériaux

© Photo Journal de Montréal/Hugo-Sebastien Aubert

Jean Maurice Duddin
Le Journal de Montréal

La qualité du béton et de l'acier semble la clef de l'énigme pour résoudre le mystère de l'effondrement meurtrier du viaduc de la Concorde à Laval.

C'est ce que Le Journal de Montréal a appris de source très bien informée hier au sujet de l'effondrement du viaduc de la Concorde, le 30 septembre dernier, qui a fait cinq morts et six blessés.

Alors que tout ce qu'il y a d'experts qualifiés ou prétendus suppute les causes de l'écroulement, il semble que les ingénieurs directement impliqués dans l'enquête pointent maintenant tous dans la même direction : la dégradation des matériaux.

Incompréhension

Depuis l'effondrement, tous les ingénieurs, autant les indépendants, les professeurs que ceux de Transports Québec, admettent leur incompréhension. La fracture du pilier du viaduc ne s'est en effet pas produite comme elle aurait dû : «La rupture du béton n'est pas normale. Elle ne s'est pas produite au joint du support du tablier mais environ dix centimètres (4 pouces) plus haut», explique notre source, qui a passé du temps sur place et avec tous les experts directement en cause.

Aucune cause n'est formellement éliminée, par mesure de précaution, que ce soit la conception, la construction, l'entretien ou les matériaux.

Hypothèses

Sauf que l'état visible de la structure et son intense utilisation éliminent certaines hypothèses.

«Le viaduc de la Concorde était un ouvrage grandement utilisé. Plus de 21 000 véhicules circulaient dessus tous les jours, dont des autobus et des camions. En plus, en 36 ans, il n'y a jamais eu d'intervention d'urgence pour y réparer quoi que ce soit, ni de signes avant-coureurs de problèmes structuraux, malgré son utilisation quotidienne», précise notre source.

Béton affaibli

C'est ce qui fait croire aux spécialistes impliqués que la nature des matériaux serait en cause. Le béton est parfois affecté par des alcalis particuliers, qui l'affaiblissent. Les tiges d'acier de l'armature pourraient aussi avoir été corrodées à cause de la dégradation du ciment ou du sel l'hiver. L'acier des tiges pourrait donc aussi être en cause.

Chaîne d'événements

Il semble de plus que l'examen du viaduc montre que les coussins de néoprène placés entre le tablier du pont et les consoles d'appui étaient usés. Si tel est le cas, les vibrations du tablier du pont auraient été plus fortes que prévu sur ses appuis.

Ces vibrations accrues pourraient, jumelées à la dégradation suspectée du ciment et de l'armature, avoir à la longue causé l'affaiblissement de la structure.


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