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Suivi de la Une / Aéroports

Toujours peu d'explications

Fabrice De Pierrebourg
Le Journal de Montréal
29/09/2006 09h22 

Jacques Duchesneau et James Cherry, respectivement patrons de l'ACSTA et d'Aéroports de Montréal, ne sont toujours pas capables d'expliquer les nombreuses failles de sécurité débusquées par le Journal de Montréal à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau.

Les deux organismes, qui refusaient toute entrevue au Journal mercredi après la publication d'une enquête sur le laxisme dans la gestion des badges et des uniformes, ont finalement donné un point de presse hier soir.

Et ce, quelques heures après que Jacques Duchesneau eut été convoqué par le ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, pour une «explication». Mais ce dernier ne serait pas à l'origine de cette rencontre, a-t-on soutenu.

Devant les médias, Jacques Duchesneau a longuement vanté son système de badge biométrique, qui devrait être implanté d'ici la fin décembre dans les aéroports du pays.

«C'est le premier système au monde à utiliser deux données biométriques sur la même carte», affirme-t-il, un investissement qui va «augmenter de beaucoup la sûreté» dit-il.

L'ex-chef de police de la Ville de Montréal s'est aussi attaché à rappeler les six mandats de son Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, créée en 2002, une agence qui est aussi un des multiples intervenants dans nos aéroports.

En choeur, Duchesneau et Cherry ont reconnu à plusieurs reprises que le système est «complexe», qu'il «n'est pas parfait», qu'il «peut être amélioré» et que les «terroristes prennent tous les moyens pour les contourner».

Mais on ne sait toujours pas comment ils expliquent que le représentant du Journal ait pu se rendre à sept reprises sur le tarmac, accéder aux chariots de plateaux-repas avant leur chargement dans les avions, toucher à un avion, se procurer un uniforme et un badge d'accès permanent.

Et pas davantage pourquoi beaucoup d'ex-employés partent en conservant laissez-passer ou uniformes, et que certains se servent de leur badge pour éviter l'étape de la fouille lorsqu'ils prennent l'avion.

Jacques Duchesneau s'est montré tout aussi discret sur la teneur de sa rencontre avec le ministre Cannon.

Rappelons que la veille, en entrevue au Journal de Montréal, il avait clairement exprimé son «agacement» à la suite des nombreux reportages peu flatteurs sur la sécurité des aéroports, en particulier celui de Montréal.

«Ça doit rester privé [...] Je crois que le ministre est satisfait des explications», a-t-il dit.

Malgré la tempête, Jacques Duchesneau compte bien rester en poste et il l'a clairement exprimé:

«Je vais continuer de faire mon travail aux côtés de mes partenaires pour améliorer la sécurité [...].»

La nouvelle carte d'accès biométrique inclut un système de lecture de l'iris et des empreintes digitales. Elle sera distribuée à 120 000 employés des aéroports.








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