La mère s'excuse pour son fils

David Santerre
Le Journal de Montréal

C'est terrés chez eux, dans la douleur et la stupéfaction, que les parents de Kimveer Gill tentent tant bien que mal de faire leur deuil. Hier, la mère du tueur a offert ses excuses au nom de son fils.

Lors d'un bref entretien avec un journaliste de Radio-Canada, la mère, Parvinder Sandhu, a dit s'excuser pour l'horrible geste posé par son fils.

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Elle a aussi mentionné qu'elle savait son fils en possession d'armes puisqu'il était un tireur sportif dans un club, et qu'elle voyait cela comme un simple passe-temps.

Elle admet néanmoins que si elle avait eu connaissance du site Web et des intentions non dissimulées de son fils, elle aurait agi en conséquence.

Mercredi, dix heures après le drame, le Journal de Montréal avait réussi à joindre la mère, qui n'était toutefois pas encore au courant de la mort de son fils.

Elle était au courant de la tuerie de Dawson, mais n'avait pas encore été avisée que son fils en était le responsable.

Elle avait même ce soir-là appelé la police de Laval, inquiète de ne pas le voir rentrer à la maison après son travail, comme d'habitude.

«C'est un bon garçon», avait-elle dit avant de fondre en larmes.

Quelques minutes plus tard, la police venait lui faire la terrible annonce.

Parents bien seuls

Hier encore, les parents de Kimveer Gill ont passé la journée terrés chez eux, avec pour seule compagnie une amie de la famille qui leur a apporté de quoi manger, et du réconfort.

«Ils pleurent et pleurent encore. Ils n'ont pas la moindre idée de ce qui s'est passé. Ils n'ont pas encore vu le corps de leur fils et se sentent bien seuls», raconte Jaspal Brar.

«Kimveer était un très bon garçon qui n'a jamais rien fait de mal. On ne sait pas ce qui l'a mené là», a-t-elle ajouté.

Dans cette épreuve, les parents éplorés doivent vivre avec la mort violente de leur fils, mais aussi avec le poids des gestes qu'il a commis. Ils ont besoin d'aide mais veulent rester seuls, a dit l'amie.

Sympathies

Bien mince réconfort, une résidante du quartier est venue déposer une lettre dans leur boîte aux lettres dans la journée.

«Je leur offre mes sympathies. On ne peut être responsable de tous les gestes de nos enfants. J'ai beaucoup de peine pour eux», a dit la dame.

Harcelés par des médias ontariens

En plus de la mort de leur fils et du cataclysme qu'il a causé, les parents du jeune homme ont en plus dû composer jeudi avec une présence médiatique hors du commun devant leur maison, et même certains cameramen ontariens qui leur ont carrément manqué de respect.

Certains d'entre eux n'ont pas hésité à marcher sur le terrain des Gill et à grimper sur des chaises pour tenter de filmer dans leur maison à travers les fenêtres.

L'un d'eux a même suivi un livreur de pizza jusqu'à la porte et a tenté de la bloquer avec son micro lorsqu'elle a été ouverte par le policier qui a passé la journée auprès des Gill.

Les photographes et cameramen de Montréal, habitués à la couverture des affaires policières, habitués de travailler très fort pour obtenir de bonnes images, n'en revenaient tout simplement pas.

Les parents de Kimveer Gill se sont ainsi sentis traqués et traités comme s'ils étaient eux-mêmes les criminels, a confirmé une amie de la famille qui passé la journée d'hier avec eux.

Retenue

«Dans des circonstances semblables, les journalistes doivent quand même respecter les règles d'éthique», a commenté le vice-président de la FPJQ, Richard Bousquet, heureux d'entendre que les médias d'ici ont fait preuve de plus de retenue.


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