Teco n'a pas lancé la serviette

Michel Hébert
Le Journal de Québec

Les Norvégiens s'appuient maintenant sur une garantie de prêt de cinq millions consentie par le gouvernement pour acheter le chantier Davie. «Nous ne voulons pas les décourager. Ils sont revenus à la charge cet après-midi en disant qu'il trouveraient l'argent, on va les accompagner», a révélé le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, au Journal, hier.

Contrairement à ce qu'a fait circuler Teco Management, le gouvernement n'est pas resté les bras croisés lorsqu'on a frappé à sa porte. Au total, plus de 20 millions leur ont été consentis, mais, toujours selon M. Bachand, l'entreprise semble incapable de rassembler les 60 millions nécessaires pour acheter les installations, payer une créance de cinq millions US et relancer les activités pour fabriquer des plates-formes de forage.

Cinq millions...

Uniquement pour l'achat des installations de Lévis, Teco a besoin de 20 millions et s'est évidemment tourné vers le gouvernement: au lieu d'une subvention, on leur a concédé une garantie de prêt de cinq millions, il y a quelques jours, soit immédiatement après l'intervention du ministre Bachand auprès d'Investissement Québec. Teco a ensuite dit au syndic Thibault Van Houtte qu'il avait cinq millions de côté.

«Il leur reste à trouver 15 millions, mais, depuis le début des pourparlers en mai, ils n'ont jamais été au rendez-vous. Leur montage financier fait défaut depuis le début. C'est ce qui a causé les délais, les retards, pas la convention collective», a expliqué le ministre Bachand.

Investissement Québec attend toujours de récupérer 16 des 20 millions qui ont servi à réaliser un précédent contrat fait à la Davie, soit la rénovation du Midnight Express par la compagnie Torch Offshore, aujourd'hui en faillite. Ce contrat avait bénéficié de fonds publics accordés par le gouvernement de Bernard Landry, en 2001.

Maintenant, pour faciliter la vente à Teco Management, le gouvernement Charest accepte d'effacer l'ardoise. Au total donc, le soutien de l'État dans la transaction avec Teco est de 21 millions.

«On leur a donné une garantie de prêt de cinq millions et on a accepté de radier 16 millions, ce n'est pas rien, mais ils n'ont pas encore été capables de faire leur part», souligne le ministre Bachand, qui croit que la bouchée est trop grosse pour Teco.

Deux tableaux

Aux yeux du gouvernement, Teco Management a joué le jeu sur deux tableaux: l'entreprise a dit au syndic Thibault Van Houtte qu'il achetait le chantier, mais a ensuite cherché à obtenir des contrats destinés à financer l'acquisition du chantier. Comme les contrats ne se sont pas matérialisés, Teco Management s'est retrouvé le bec à l'eau, et le syndic, à la case départ.

Pour éviter le pire, il faudrait qu'un investisseur sérieux et fortuné lève maintenant la main. Ceux qui se sont manifestés jusqu'à maintenant ont tous demandé une aide gouvernementale importante. Y compris Denise Verreault, de Les Méchins, en Gaspésie.

«On ne fera pas une Hydro-Québec avec la Davie. Il n'est pas question que le gouvernement en redevienne propriétaire», a tranché le ministre Bachand, hier.


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