Mission difficile pour les militaires et leurs familles

Stéphanie Desforges
Le Journal de Québec

Retour émouvant pour une trentaine de militaires de la garnison Valcartier, au terme d'une mission de sept mois «des plus hostiles», au dire des soldats québécois.

Les familles des militaires n'ont pu contenir leurs émotions, hier midi, à la base militaire de Valcartier, alors que les soldats ont mis fin à un déploiement de sept mois à Kandahar, en Afghanistan. Mot d'ordre général: la mission a été difficile et hostile.

«Ce n'est pas la première fois que je partais en mission à l'étranger, mais cette mission était différente, peut-être plus dangereuse», a avoué le militaire Charles Côté, en signalant qu'il ne s'est pas toujours senti en sécurité. Les soldats du 12e Régiment travaillaient sur le terrain, au sein d'une troupe de reconnaissance utilisant le véhicule blindé Coyote.

Sa conjointe, Isabelle Savard, émue aux larmes, a eu une pensée pour les familles des militaires canadiens tués en Afghanistan.

«Je le vis aujourd'hui pour eux, c'est très difficile», a-t-elle indiqué en serrant contre elle leur fils Charles-David, pour qui papa avait un travail important de l'autre côté de l'océan pour aider les gens.

Mon père, ce héros

Difficile de gérer la marmaille durant une si longue absence du conjoint? Parlez-en à Murielle Gagné, qui, avec quatre enfants à sa charge, était bien heureuse de retrouver sa douce moitié, le soldat Steeve Thériault.

«Ça reste difficile, surtout pour les enfants qui se font dire à l'école que leur père est parti tuer à l'étranger», déplore-t-elle. Vif d'esprit, son gamin savait rapidement faire taire les mauvaises langues.

«Le Canada a prêté mon père à l'étranger pour aider des gens dans le besoin. C'est un héros», s'empressait-il d'expliquer.

Conditions difficiles

En plus de la chaleur intense et de la tension permanente, les nombreux décès de militaires canadiens survenus en Afghanistan ces derniers mois ont bouleversé les soldats de Valcartier.

«C'est triste, même si tu ne le connais pas. C'est comme si tu perdais un proche, car c'est un confrère», souligne le caporal Michel Gauthier, tireur, en expliquant qu'il a senti sa propre vie menacée à quelques moments.

Une situation tout aussi insoutenable pour la famille.

«Chaque fois qu'on entend des choses dans les médias, le coeur nous arrête», se rappelle Odette Bernier, mère d'un militaire. Si certains se nourrissent des informations au compte-goutte, d'autres ont tout simplement coupé tous liens avec les médias.

«J'ai fermé la télévision, la radio et les journaux tout au long des sept mois», explique Murielle Gagné.

Aujourd'hui, 39 soldats de la base militaire de Valcartier s'envoleront pour Kandahar, en vue de remplacer les Américains dans la formation de l'armée afghane.


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