Boisclair concocte une réforme

Yves Chartrand
Le Journal de Montréal

Le chef du Parti québécois mène actuellement des consultations dans le but de revoir en profondeur le régime forestier actuel basé sur des contrats d'approvisionnement garantis aux compagnies forestières.

En conférence de presse la semaine dernière, André Boisclair a indiqué que son parti «examine la façon dont on gère nos forêts». Son but, dit-il, est de «pouvoir tirer toute la valeur de cette richesse, ce qui ne me paraît pas être le cas en ce moment».

Le chef du PQ a précisé «qu'il y aura des propositions audacieuses en ce sens dans notre prochaine plateforme électorale».

Parmi les pistes examinées, il a mentionné qu'on songeait à établir «des mécanismes de marché» qui permettraient «d'obtenir par encan le maximum de la valeur» du bois, et qu'on évaluait la pertinence d'avoir «un système de production indépendant du secteur de la transformation».

En clair, si ces idées du Parti québécois débouchaient sur un programme de gouvernement, il s'agirait de la fin complète ou partielle du régime forestier actuel, basé sur les CAAF, ces contrats d'approvisionnement garanti consentis depuis 1986 aux compagnies forestières.

Cela constituerait un virage majeur dans l'exploitation des forêts publiques.

Consultations

André Boisclair dit avoir mené de nombreuses consultations dans les derniers mois pour peaufiner sa pensée. Il dit en avoir longuement discuté notamment avec Jules Arsenault, l'ancien recteur de l'Université du Québec en Abitibi et ex-commissaire de la commission Coulombe.

En outre, le chef souverainiste s'est doté d'un précieux conseiller en la matière en con-vainquant Pierre Beauregard de briguer l'investiture péquiste dans le comté de La Peltrie.

M. Beauregard est un enseignant de l'Université Laval à Québec, rattaché à la faculté de foresterie et de géomatique.

Il a la réputation dans le milieu forestier d'être un ardent défenseur de la deuxième et de la troisième transformations, au point d'être surnommé «Monsieur 300 000 maisons», en référence au nombre de résidences que le Québec pourrait construire et exporter annuellement au lieu de l'improductif colombage (deux-par-quatre).

Joint chez lui hier, M. Beauregard n'a pas caché avoir des rencontres régulières avec André Boisclair «pour discuter de la forêt».

En accord

M. Beauregard se dit en parfait accord avec Jules Arsenault, qui prône le non-renouvellement des contrats d'approvisionnement forestier des entreprises afin que Québec se dégage «une marge de manoeuvre».

Ces lots rendus disponibles pourraient servir de «terrains d'expérimentation» pour d'autres types de foresterie.

«Avant de jeter le système des CAAF au panier, il faut d'abord savoir ce que l'on va faire après. Il faut agir prudemment et de façon responsable. Il y a plusieurs types de projets collectifs et de modèles alternatifs qui mériteraient des essais.»

ychartrand@journalmtl.com


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