Perte de mémoire à Radio-Canada

Dany Doucet
Le Journal de Montréal

Radio-Canada a omis de dévoiler une information importante à son public tout au long de la semaine, alors qu'elle faisait preuve de toutes les astuces pour discréditer Le Journal de Montréal, le laboratoire BioMedco et son président Drasko Pekovic, auteur de l'étude sur la qualité de l'eau dans les piscines extérieures de Montréal et de Laval.

La société d'État a oublié de dire, ou volontairement omis de dévoiler, qu'elle avait été sévèrement blâmée par le Conseil de presse du Québec, en 1993, à la suite d'une plainte déposée par nul autre que Drasko Pekovic du laboratoire BioMedco.

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Radio-Canada et son journaliste avaient reçu ce blâme gênant pour un reportage d'enquête qui avait été présenté au défunt magazine d'information Tout compte fait. Le reportage du journaliste portait sur les tests de dépistage du sida dans des laboratoires privés du Québec, dont BioMedco.

Voici ce que disait le Conseil de presse au sujet de la présentation et du traitement de l'information : «[...] le ton général du reportage était exagérément négatif envers le plaignant et son laboratoire».

Tiens donc...

Sensationnalisme

Le conseil juge aussi, à l'époque, que plusieurs commentaires du journaliste «témoignent d'une recherche du sensationnalisme, plutôt que d'une information appuyée véritablement par des faits».

Et ce n'est pas tout: «Le Conseil estime que l'affirmation du journaliste selon laquelle P. Pekovic laisse croire qu'il est médecin était abusive et fallacieuse.»

Voilà des qualificatifs qu'on ne lit pas souvent dans des décisions du Conseil de presse, organisme chargé de superviser les pratiques journalistiques au Québec.

La conclusion n'est pas tendre non plus: «En somme, lit-on, le Conseil estime que Radio-Canada et le journaliste Claude Brunet n'ont pas démontré de façon satisfaisante qu'il était justifié de produire un reportage aussi négatif sur le laboratoire BioMedco et son président, M. Drasko D. Pekovic.»

[...] «Les affirmations selon lesquelles la méthode d'analyse de BioMedco est très douteuse et très peu fiable, et que M. Pekovic laisse croire qu'il est médecin, n'ont pas été appuyées [...].»

Tiens donc...

Je n'ai pas de leçons à donner à Radio- Canada, mais comme on a essayé de nous en donner toute la semaine, je me permettrai la question suivante: Pour protéger l'intégrité de ses journalistes et pour informer le public de cette apparence de conflit d'intérêts, Radio-Canada n'aurait-elle pas dû rappeler elle-même ses vieilles querelles avec le chercheur Pekovic? Tout cela aurait moins l'air d'un règlement de comptes aujourd'hui.

Encore une fois, c'est dans Le Journal de Montréal que vous l'aurez lu en premier. Bon week-end.

Dany Doucet,
rédacteur en chef
Journal de Montréal


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