Ottawa enquête mais Québec laisse faire

Michel Hébert
Le Journal de Québec

Le Bureau de la concurrence est en train de terminer son enquête sur le «mystère» de l'essence vendue à Québec, plus coûteuse que dans la métropole encore aujourd'hui. «Nous sommes en train de faire notre enquête et, le cas échéant, nous ferons une recommandation au Procureur général du Canada», nous a dit Kim Peterson, porte-parole de l'organisme fédéral.

En juin, la Cour supérieure du Québec avait accordé au bureau des mandats de perquisition à partir de «d'éléments de preuves démontrant qu'il y avait des motifs raisonnables de croire qu'une infraction de fixation de prix» avait lieu dans certains marchés locaux, dont celui de Québec.

Les enquêtes sont menées en privé et le bureau n'en dira rien.

Comme les autres pétrolières, Ultramar a récemment dû fournir à des représentants fédéraux des documents portant sur la méthode de fixation des prix.

Vice-président aux affaires publiques d'Ultramar, Louis Forget, soutient que le fait que la raffinerie soit située à Lévis n'a aucun effet sur les prix.

«Elle serait située au centre-ville que ça serait la même chose. C'est la concurrence qui influence les prix et elle est moins forte à Québec», dit-il.

La supposée guerre des prix profite aux automobilistes de Montréal qui paient 0,99 $ le litre au lieu de 108,4 $.

«À Québec, il y a de la concurrence mais pas une guerre des prix», soutient Sonia Turcotte, de l'Association des indépendants du pétrole, Sonia Marcotte. Une situation qui favorise les propriétaires de stations-service.

Nouveau «mystère»

«Chaque semaine, je pars de Montréal pour venir ici et c'est toujours à peu près 10 sous de plus, tout le temps. C'est curieux, comme disent mes collègues, c'est un mystère, mais le gouvernement devrait exiger des explications de la Régie de l'énergie, parce que ce n'est pas normal. Pourquoi à Québec, tout le monde a toujours le même prix?», s'interroge la porte-parole du PQ en cette matière, Rita Dionne-Marsolais.

Elle estime que le ministre de la Capitale, Michel Després, devrait être le premier à poser publiquement des questions. «Mais, ajoute-elle, quand un ministre des Transports dit qu'il n'a jamais pris le métro...»

La Régie de l'énergie n'a pas eu, du ministère des Ressources naturelles, un mandat spécial sinon celui de faire une «surveillance» des prix et de proposer un «prix plancher».

Mais Pierre Corbeil n'a pas eu de requête particulière de son collègue Després.


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