1000 enfants heureux

Jean-Philippe Pineault
Le Journal de Montréal

La rentrée scolaire rime avec cauchemar pour plusieurs enfants de quartiers défavorisés qui subissent les moqueries de leurs camarades de classe parce qu'ils n'ont pas toutes les fournitures scolaires.

«Ces jeunes-là sont angoissés à l'idée de retourner en classe. Ils redoutent d'être montrés du doigt et d'être ridiculisés pour ne pas avoir tous les articles sur la liste scolaire. C'est un stress financier pour eux», a indiqué David Lussier, de l'organisme Mission Bon Accueil.

«Quand tu es jeune et qu'il te manque des choses pour la rentrée, ça peut être très dur. Ça peut conduire au décrochage», affirme M. Lussier.

Distribution

Pour combattre le phénomène, l'organisme de bienfaisance a donc distribué hier des fournitures, des vêtements et des livres à quelque 1000 enfants pour qu'ils puissent retourner à l'école la tête haute.

Accompagnés de leurs parents, les jeunes sont arrivés tôt aux locaux de Mission Bon Accueil pour recevoir leurs effets scolaires.

Signe de la forte popularité de l'événement, la file d'attente longeait les locaux de l'organisme à l'extérieur, s'étendant sur près d'un demi-kilomètre.

Un vrai trésor

Comme plusieurs autres enfants présents hier lors de la distribution des effets scolaires, Sergiu Ifimov, âgé de 10 ans, était ravi d'avoir pu mettre la main sur des cahiers flambant neufs.

«Je suis content. J'ai tout ce qu'il faut pour faire du bricolage. J'ai hâte d'aller à l'école», a laissé tomber le garçon originaire de Roumanie.

Débarqué de Russie il y a à peine un mois, Daniel Condrea, âgé de 13 ans, était visiblement comblé.

Interrogé par le Journal, l'adolescent n'a pas quitté des yeux ses sacs remplis de fournitures scolaires, qu'il gardait tout près de lui, comme s'il s'agissait d'un trésor.

La distribution de fournitures scolaires n'a pas fait que le bonheur des enfants. Elle a aussi donné un peu de répit à leurs parents.

«J'ai quatre enfants et ça coûte très cher, la rentrée. Je ne sais pas ce que je ferais s'il n'y avait pas ça», a confié Geussly Fleurant.

jppineault@journalmtl.com


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