Danger dans les piscines de Laval

André Beauvais
Le Journal de Montréal

Les Montréalais ne sont pas les seuls à se baigner dans des piscines insalubres infestées de redoutables bactéries. C'est pire à Laval.

En effet, la situation concernant l'eau des piscines municipales était plus grave à Laval qu'à Montréal lors de l'étude scientifique réalisée pour le compte du Journal de Montréal par le Laboratoire BioMedco.

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La compilation des fiches individuelles de chaque piscine, que l'on peut consulter sur le site Internet de Canoë, atteste que la qualité microbiologique de l'eau d'une quinzaine de piscines sur les 22 les rendait dangereuses pour la santé publique.

«C'est encore et toujours l'entretien qui est au coeur du problème. On ne peut pas confier seulement aux sauveteurs la responsabilité de tester les eaux de baignade», a commenté l'auteur de l'étude.

Il convient que ces employés saisonniers font leur travail du mieux qu'ils le peuvent, «mais il faut maintenant penser à des tests microbiologiques quotidiens que seuls des spécialistes peuvent réaliser», de dire le Dr Pekovic.

Cette vaste enquête scientifique a démontré que 86,4 % de toutes les piscines de Laval n'étaient pas conformes aux normes en vigueur à au moins l'une des trois séances d'échantillonnage, soit 19 piscines sur 22.

Dans le cas de Montréal, comme on l'a vu hier, c'est 72 % des piscines qui n'étaient pas conformes pour un ou plusieurs paramètres étudiés.

Selon le palmarès établi par le Dr Drasko Pekovic, le microbiologiste qui a dirigé une équipe de huit experts pour la réalisation de l'étude, la piscine où l'eau était de la plus mauvaise qualité est la piscine Wilfrid-Pelletier, dans le quartier Chomedey.

Notons que Ville de Laval a fermé ses piscines extérieures en fin de semaine dernière, mais le Dr Pekovic estime néanmoins que «la situation était très précaire à Laval comme à Montréal et que le danger était réel pour la santé publique».

Par ailleurs, c'est la piscine Chénier, à Pont-Viau, qui s'est imposée bonne première pour la qualité de son eau.

Quant à la piscine Wilfrid-Pelletier, l'analyse de l'eau pour le premier échantillonnage a confirmé la présence de substances fécales et des bactéries E. coli, C. difficile et legionella.

Quant au pH, il était sous la normale, affaiblissant ainsi l'effet du chlore.

On doit signaler que des sauveteurs ont pu détecter à Laval qu'une enquête était en cours sur la qualité de l'eau et que le message à vite fait le tour.

Des améliorations ont été notées lors de la deuxième ronde des analyses, mais ce ne fut pas suffisant pour renverser la tendance.

Les trois piscines du quartier Chomedey et celles de Laval-des-Rapides, de Sainte-Dorothée et de Sainte-Rose ont livré un premier échantillonnage dans lequel était présente la bactérie legionella.

Les piscines de Chomedey sont celles qui se sont le moins bien classées pour la qualité de l'eau.

Il est étonnant par ailleurs de constater que les deux piscines du quartier Pont-Viau occupent les extrêmes dans le palmarès, soit la première position et la vingtième.

L'étude a aussi permis de noter que des problèmes sont restés bien présents au chapitre physicochimique dans les trois tests réalisés.

Les chercheurs ont aussi souligné que la moitié des piscines de Laval ont obtenu des résultats non satisfaisants à trois différentes reprises dans le décompte total des bactéries hétérotrophes aérobies et anaérobies (TAC).

Les analyses bactériologiques ont démontré la présence de staphylocoques fécaux dans huit des piscines, tandis que des streptocoques fécaux ont été observés dans les échantillons de quatre piscines.

Dès les premiers tests, la bactérie E. coli a été détectée dans sept piscines, la C. difficile dans sept piscines, et la legionella à six endroits.

abeauvais@journalmtl.com


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