Michaud plaide pour des salaires liés à la performance

Alain Bisson
Le Journal de Montréal

Littéralement, Yves Michaud vire au bleu marine lorsqu'on lui parle de la rémunération des chefs d'entreprise et des régimes d'options d'achat d'actions.

Selon le président du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), les compensations versées à de nombreux patrons des sociétés publiques mènent inexorablement vers une perte de confiance des investisseurs.

«Les programmes d'options sont le mal du siècle et défigurent le capitalisme», soutient-il.

D'après lui, il faut carrément abolir les programmes d'options et établir des règles précises pour la rémunération des chefs d'entreprises cotées à la Bourse.

«Il n'y a pas actuellement de règles sérieuses, et les comités de rémunération des conseils d'administration sont de la fantaisie parce qu'ils ne sont pas indépendants.»

M. Michaud plaide pour que les chefs d'entreprise soient évalués et rétribués en fonction de deux seuls critères, sous l'angle de la modération: la performance financière de la société et le comportement de son titre.

Les autorités réagissent

La controverse autour des programmes d'options et certains récents scandales retentissants commencent à émouvoir les autorités réglementaires aux États-Unis.

La Securities and Exchange Commission (SEC) américaine a annoncé en juillet qu'elle resserre les règles et que les entreprises devront être plus explicites au sujet de la rémunération de leurs hauts dirigeants.

La SEC vise, entre autres, une pratique apparemment assez répandue selon laquelle des options sont antidatées à un moment qui coïncide avec un creux dans le prix de l'action.

Le détenteur gonfle ainsi son profit lorsqu'il exerce ses options et vend les actions obtenues.

Au moins 60 entreprises publiques américaines ont avoué être l'objet d'une enquête de la SEC à ce sujet.


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