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La pire rentrée depuis huit ans

L'école publique se vide

Jean-Philippe Pineault
Le Journal de Montréal
31/07/2006 07h10 - Mise à jour 31/07/2006 07h16

La pire rentrée depuis huit ans - L'école publique se vide
Le ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier 
© PC - archives

Le réseau public s'apprête à encaisser la pire dégringolade depuis près d'une décennie à l'occasion de la prochaine rentrée scolaire alors que l'école privée continue de recruter de nouveaux élèves.

Pour la huitième année d'affilée, les écoles publiques de la province verront leurs effectifs scolaire fondre. Cette année seulement, le nombre d'élèves est en baisse de 1,76 %.

«C'est épouvantable! Et ça va empirer au cours des prochaines années. Il faut absolument faire quelque chose», dénonce Yves Parenteau, de l'Alliance des professeurs de Montréal.

Selon les plus récentes statistiques obtenues et analysées par le Journal, 16 614 jeunes de moins que l'an dernier retourneront à l'école publique, dans cinq semaines.

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Il faut remonter à 1998 pour retracer une année scolaire où la chute du nombre d'élèves a été plus importante, 18 662 jeunes de moins.

Depuis huit ans, le réseau public a perdu 84 227 élèves alors que le privé en a, quant à lui, gagné 18 074, révèlent les données du ministère de l'Éducation du Loisir et du Sport (MELS).

La situation n'est d'ailleurs pas près de se résorber. Si l'on se fie aux prévisions du ministère, qui entrevoient que le public perdra encore 19 757 jeunes, l'an prochain, la dégringolade se poursuivra jusqu'en 2015.

Rien pour renverser la vapeur

Même si le réseau publique se vide à un rythme infernal au profit du privé, le ministère de l'Éducation n'a pas de plan de match pour renverser la vapeur.

«C'est le choix de société que l'on a fait et on n'a pas l'intention de le remettre en question», a indiqué l'attaché de Jean-Marc Fournier, Jean-Philippe Guay.

Ce dernier a fait savoir que le ministère suit tout de même de «très près» l'hémorragie qui afflige l'école publique.

Cette position est jugée très sévèrement par le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent.

«Le gouvernement a une incapacité à prendre position. Tout le monde est conscient du malaise sauf lui», peste-t-il.

«Il faut qu'il prenne les moyens pour favoriser la rétention», fait valoir M. Parent, qui estime d'ailleurs que le gouvernement doit sabrer dans les subventions accordées au privé.

jppineault@journalmtl.com








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