Moins d'une semaine après avoir laissé entendre que le harnachement des rivières par de petits barrages ne figurait pas dans ses plans, le premier ministre Jean Charest a finalement dit hier que ceux-ci seront permis mais qu'ils ne font pas partie de sa stratégie énergétique.
Les projets de 50 mégawatts et moins seront autorisés à la condition d'être contrôlés par les communautés locales et de se conformer à toutes les exigences environnementales, a précisé Jean Charest.
La nouvelle a réjoui hier Bernard Généreux, le président de la Fédération des municipalités du Québec, qui poussait fort pour obtenir ce levier économique régional : «C'est une excellente décision pour nous.»
Paul Piché déçu
Mais elle a amèrement déçu les environnementalistes, notamment Paul Piché de Fondation Rivières, qui craint maintenant que le patrimoine québécois soit saccagé sur l'autel du développement.
Par ailleurs, Québec semble avoir mis le pied sur le frein du développement éolien en annonçant que d'ici 2015, il ajoutera un timide 1 000 mégawatts aux 3 000 déjà prévus. En fait, sa nouvelle politique fixe à 10 % de son portefeuille l'apport de l'énergie soutirée du vent. Plusieurs croient que le gouvernement aurait pu faire preuve de plus d'audace.
Une nouvelle structure tarifaire
Le gouvernement a annoncé hier son intention de mener des projets d'exploration gazière dans le golfe du Saint-Laurent et la mise en place d'une usine pilote pour utiliser les résidus forestiers comme source d'énergie.
Il a également annoncé qu'il autoriserait Hydro-Québec à déposer à la Régie de l'Énergie une nouvelle structure tarifaire pour approbation.
Un écart de prix plus important pourrait voir le jour entre les périodes de pointe ou non, cela dans le but d'inciter les Québécois à mettre en marche leur lave-vaisselle à minuit plutôt qu'à 18 h, a blagué Jean Charest.
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