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ZEC / Inquiétude

Québec tend, là aussi, la main au privé

Mathieu Boivin
Le Journal de Montréal
16/03/2006 09h27 

Il n'y a pas qu'au mont Orford que le gouvernement Charest veut changer les règles pour favoriser le secteur privé. Son futur Plan d'affectation du territoire public permettrait des projets commerciaux dans les ZEC.

Le ministère des Ressources naturelles examine une nouvelle façon de décider de l'usage du 1,5 million de km carrés qui appartiennent à l'État québécois, et dont 48 000 km carrés sont désignés zone d'exploitation contrôlée (ZEC). Il s'agira essentiellement de réunir les «intervenants régionaux» pour qu'ils s'entendent là-dessus.

Dans un tel contexte, le directeur général de la Fédération des gestionnaires de ZEC, Jean-Claude D'Amours, craint de ne pas peser bien lourd face aux intérêts financiers. «On nous dit que les vocations multiples dans les ZEC seraient désormais modulées en fonction du récréotourisme, et non à la conservation ou la mise en valeur de la faune», dit-il.

Il signale, à titre d'exemple, que des parcelles de ZEC sont convoitées par des pourvoiries qui veulent s'agrandir. «Le ministère nous dit qu'on sera consultés, mais ça ne veut pas dire qu'on sera considérés, prédit-il. Si le milieu se montrait favorable aux promoteurs, ce serait un retour à l'époque des clubs privés.»

Privatisation

L'inquiétude est aussi présente chez les propriétaires de chalets situés sur des terres gouvernementales. «Le territoire public est attaqué de toutes parts, on sent une privatisation des utilisations», affirme Raymond Cotnoir, du Regroupement des locataires des terres publiques du Québec.

«C'est le free for all, c'est un développement qui est axé uniquement sur la rentabilité», ajoute-t-il, citant l'exemple «courant» de spéculateurs qui relouent à fort prix des terrains obtenus à bon marché. «La controverse du mont Orford, c'est une image qui frappe beaucoup, mais il y a un paquet d'abus aussi dérangeants à petite échelle», prévient M. Cotnoir.

Au ministère des Ressources naturelles, Benoît Trudel plaide que le processus de consultation envisagé donne au milieu une voix qu'il n'avait pas avant. Mais en cas de divergences irréconciliables, c'est le Conseil des ministres qui tranchera : «L'aménagement du territoire, c'est souvent une décision politique», dit-il.








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