La Coalition des citoyens(nes) de Québec envisage d'intenter un recours collectif de plusieurs millions contre la Ville de Québec pour le dérangement causé par l'harmonisation des rues.
«Nous recommandons à tous les citoyens touchés par cette opération de conserver leurs notes de frais», a dit Fernand Trudel, porte-parole de la CCQ, en entrevue au Journal, hier après-midi.
Selon lui, les citoyens devront débourser entre 10 $ et 100 $ chacun pour procéder aux changements d'adresse qui leur sont imposés. «Et encore, j'ai parlé avec un mécanicien qui devra rappeler une centaine de fournisseurs», s'est-il exclamé.
D'autres solutions avaient pourtant été soumises au Conseil, au dire de M. Trudel: «À Paris, on ajoute le nom de l'arrondissement sous le nom de la rue. La rue»des Mésanges«deviendrait ainsi»des Mésanges, Bprt«»
Longue liste
Cartes professionnelles, papiers avec en-têtes, factures, véhicules identifiés, chèques corporatifs, etc. La liste du matériel qui devra être modifié à la suite des changements des noms de rues est longue pour les commerçants et entrepreneurs de Québec.
«J'ai une entreprise qui emploie 22 employés et cela m'a coûté 12 000 $ jusqu'à aujourd'hui», a raconté Pierre Dolbec, président de la Chambre de commerce de Québec.
Pour l'instant, la Chambre de commerce de Québec ne prévoit pas se joindre à la Coalition des citoyens(nes) de Québec dans l'éventualité d'un recours collectif.
Montants astronomiques
Postes Canada se préparait, depuis huit mois, à l'harmonisation des noms de rues de Québec. «Nous avons déjà envoyé des avis aux 250 000 citoyens touchés par un changement de nom de rue, de numéro civique, de code postal ou de casier postal», a expliqué Lise Brien, porte-parole chez Postes Canada.
Mme Brien affirme ne pas pouvoir quantifier le montant que ces opérations représentent : «Je peux toutefois dire que ce sont des chiffres titanesques, de l'ordre de centaines de milliers de dollars. On doit changer les étiquettes sur les casiers des facteurs, nos cartes géographiques, notre base de données. Et pendant la prochaine année, nous devrons réacheminer tous les envois adressés aux»anciens noms de rues«», a précisé Mme Brien.