Commission Coulombe: L'industrie forestière devra assumer les coûts

Yves Chartrand - Journal de Montréal

La commission Coulombe recommande de mettre fin aux crédits sylvicoles octroyés à l’industrie forestière pour réaménager les territoires coupés. Il s’agit d’un virage majeur qui permettrait au gouvernement d’économiser des centaines de millions de dollars par année.

La commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise, qui rendra public son rapport demain à Québec, en vient à la conclusion que l’industrie forestière doit assumer entièrement le coût financier du réaménagement des territoires où elle a effectué des coupes de bois.

«Que le ministère instaure une politique de plein boisement après récolte, aux frais de l’exploitant, sur l’ensemble des forêts publics du Québec», peut-on lire dans l’une des quelque 70 recommandations que fait la commission au gouvernement. Il s’agit ni plus ni moins du principe de l’utilisateur payeur.

Depuis l’instauration en 1987 du régime forestier actuel, le gouvernement a toujours déboursé 100 pour cent des coûts de réaménagement des forêts exploitées, une concession aux compagnies forestières que beaucoup d’intervenants ont toujours considérée éhontée.

Ces «crédits sylvicoles» de plusieurs centaines de millions de dollars accordés à l’industrie équivalent presque aux revenus récoltés par le gouvernement pour les coupes de bois.

Toujours au chapitre de l’aménagement des forêts, la commission recommande de rendre obligatoire l’accréditation des entreprises et des travailleurs sylvicoles pour mettre fin à l’incompétence trop souvent observée dans ce secteur.

Vers un «cul-de-sac»
Le rapport de la commission Coulombe n’est pas tendre envers la gestion actuelle de la forêt boréale, taillant en pièces les modèles utilisés par le ministère des Ressources naturelles pour calculer les volumes de bois disponibles.

Elle prévient même que si rien n’est fait maintenant, c’est toute l’industrie forestière qui devra payer dans un avenir plus ou moins rapproché.

«Le fait que l’approche actuelle du calcul de la possibilité ligneuse ne tienne pas compte de l’accessibilité des volumes dans l’espace et dans le temps est en voie de conduire le Québec à un cul-de-sac», peut-on lire dans ces constats.

La commission recommande donc une baisse générale des coupes de 20 pour cent par principe de précaution en attendant de recalibrer correctement les logiciels utilisés pour calculer la possibilité forestière.

De plus, outre un «vérificateur des forêts» qui serait rattaché au bureau du vérificateur général et qui relèverait donc directement de l’Assemblée nationale, la commission recommande l’instauration d’un chef forestier à l’intérieur du ministère des Ressources naturelles.

Celui-ci serait doté d’une autonomie complète assurée par une loi et dirigerait les travaux servant à établir les volumes de bois qui peuvent être coupés dans une perspective de développement durable.


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