Une danseuse nue plonge le gouvernement dans l’embarras

Laurent Soumis -Journal de Montréal

Il y a des petits lundis comme ça dans la vie. Hier, c’en était un pour Judy Sgro. L’opposition conservatrice s’est déchaînée contre la ministre de l’Immigration qui est intervenue pour favoriser l’installation au pays d’une danseuse nue.

D’abord l’histoire. Juste avant les dernières élections fédérales, la ministre a utilisé son pouvoir discrétionnaire pour accorder un permis de résident temporaire de deux ans à une «danseuse exotique» qui avait participé, comme bénévole, à sa campagne électorale.

La ministre a prolongé d’autant le permis de travail de deux ans d’Alina Balaican, 25 ans, d’origine roumaine, qui fait profession de ses charmes au Canada.

Un mémo du chef de cabinet de la ministre, Ian Laird, précise même que la décision a été prise «pour des raisons humanitaires, le temps qu’elle puisse demander le statut de résident permanent».

L’audace
La danseuse a poussé l’audace en demandant d’être exemptée des frais de 225 $ parce qu’elle avait été bénévole pour la ministre. Une requête bien sûr refusée par les officiers d’immigration de Toronto.

Championne de la vertu, la critique conservatrice Diane Ablonczy n’était pas pour la laisser passer. «Alors qu’elle promet de réformer un système injuste, la ministre accorde des faveurs politiques à une danseuse nue qui supporte sa campagne», a lancé la fougueuse députée albertaine.

En l’absence de la ministre, la secrétaire parlementaire Hedy Fry a bien dû défendre sa patronne. «La procédure a été suivie et la décision a été prise au mérite», a-t-elle expliqué.

«La ministre refuse d’intervenir dans le cas de réfugiés dont la vie est menacée, mais elle le fait dans le cas de militants libéraux de son comté», a constaté la bloquiste Meili Faille.

Et comme si ce n’était pas assez, on a appris hier qu’un adjoint de la ministre, en toute connaissance de cause, a omis d’alerter les autorités qu’un ressortissant indien, recherché par toutes les polices canadiennes pour être déporté, livrait bénévolement la pizza au quartier général électoral de la ministre.

Selon la conservatrice Nina Grewal, «la pizza fraîche est plus importante pour la ministre que l’intégrité et le respect des procédures».

«La ministre n’était sûrement pas au courant de cette histoire», a plaidé la secrétaire parlementaire Hedy Fry.


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