Santé: le ton monte entre Martin et les provinces

Laurent Soumis -Journal de Montréal

OTTAWA — Paul Martin a perdu son bel optimisme de campagne électorale. Hier, le premier ministre a dû admettre que la conclusion d’une entente sur la santé avec les provinces est loin d’être une affaire dans le sac.

Les nuages ne cessent de s’amonceler en prévision de la rencontre de trois jours des premiers ministres prévue les 13, 14 et 15 septembre prochain.

Les provinces se plaignent de plus en plus de l’incompréhension fédérale.

Elles rappellent au premier ministre sa promesse de régler le financement du système de santé pour les dix prochaines années.

Le ton a monté d’un cran cette semaine quand le ministre fédéral de la Santé Ujjal Dosanjh a écarté l’idée coûteuse d’un programme national d’assurance-médicaments.

Le ministre a même évoqué la possibilité de tenir deux, trois, voire quatre réunions avant d’aboutir à un accord.

Sentant que les discussions risquaient de s’éterniser, le premier ministre albertain Ralph Klein a fait savoir qu’il n’avait pas plus de 24 heures à consacrer à cette rencontre.

À Klein de choisir
Au sortir de la réunion de son cabinet, Paul Martin a donc tenté de calmer le jeu pour sauver l’avenir d’une rencontre sur laquelle il a joué sa réélection.

«Si c’est ça la décision de M. Klein, je le regrette, a-t-il dit. M. Klein est le doyen des premiers ministres. Il a une grande expertise et je suis sûr qu’il veut une solution. Mais c’est à lui de choisir sa cédule (sic).»

«En ce qui me concerne, ça vaut certainement trois jours, a dit M. Martin. Ça vaut une semaine, ça vaut un mois, ça vaut autant de temps que cela peut prendre pour trouver une solution.

«Si les premiers ministres sont prêts à rester, je suis prêt à rester plus longtemps.»

Le premier ministre a cherché aussi à minimiser l’ampleur du différend sur l’assurance-médicaments.

Les provinces dépensent déjà 7,6 milliards de dollars à ce chapitre, mais le programme qu’elles réclament coûterait au bas mot entre 10 et 13 milliards de dollars.

«Il n’y a pas de doute que l’assurance-médicaments est très importante, a déclaré M. Martin. Mais notre position est que ce n’est qu’un élément du dossier (sic).»


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