Un travail «titanesque» sera à entreprendre d'ici les prochains jours pour tenter de préserver le patrimoine historique, culturel et architectural d'Haïti, fortement touché par le tremblement de terre du 12 janvier.
«Dans de telles situations, on serait peut-être tenté de tout raser et de repartir à zéro. Mais ce serait une catastrophe. Il doit y avoir un effort pour cibler et restaurer les édifices», plaide Laurier Turgeon, directeur de l'Institut du patrimoine culturel de l'Université Laval, joint hier, par téléphone, à Paris.
Pour y parvenir, une équipe d'étudiants et de professionnels rattachés à la maîtrise en patrimoine de l'Université d'État d'Haïti, dont le programme a été créé en collaboration avec l'Université Laval, travail-lent actuellement à dresser un inventaire des bâtiments qui peuvent être restaurés.
Ils font aussi tout en leur pouvoir pour mettre à l'abri des intempéries et des pilleurs les documents d'archives, les livres et les collections d'oeuvres d'art.
«C'est la mémoire nationale d'Haïti. C'est l'identité du peuple. L'une des plus grandes richesses du peuple haïtien réside en son histoire très spéciale. Haïti a eu un parcours difficile, mais très riche. Il a été le premier pays noir à devenir indépendant dans le monde, bien avant l'Afrique ou les Caraïbes», rappelle M. Turgeon.
Ce faisant, il importe de préserver les traces de ce passé afin que soit conservé le sentiment d'appartenance des Haïtiens à leur culture, «pour qu'ils aient foi en l'avenir», maintient le professeur.
Aucun bilan
La tâche de préservation est de plus compliquée en raison du fait qu'aucun inventaire du patrimoine haïtien n'a été complété jusqu'à présent. Des étudiants de la maîtrise en patrimoine de l'Université d'État d'Haïti venaient tout juste d'entamer ce genre de projet quand le séisme est survenu. «Tout est à refaire», se désole-t-il.
Selon les dernières informations reçues par M. Turgeon, la ville de Jacmel, qui englobe un centre historique important, serait détruite à 50 %, alors que Port-au-Prince, la capitale, serait endommagée à 70 %. Les bibliothèques, les archives et les musées font partie du lot.
Il est possible de soutenir la restauration ou l'étude du patrimoine haïtien en faisant parvenir des dons à l'Institut du patrimoine culturel de l'Université Laval.