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Manifestations à Miami devant le restaurant du chef turc «Salt Bae»

Manifestations à Miami devant le restaurant du chef turc «Salt Bae»

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MIAMI | Des Vénézuéliens en colère ont protesté mercredi à Miami devant le restaurant du célèbre chef turc Nusret Gökçe, surnommé « Salt Bae », qui avait accueilli il y a quelques jours dans son établissement huppé d'Istanbul le président vénézuélien Nicolas Maduro, dont le pays est plongé dans une grave crise économique.

Des vidéos de M. Maduro se régalant de pièces de viande cuisinées par le chef turc avaient suscité l'indignation au Venezuela, qui connaît un exode de masse alors que le pays est étranglé par les pénuries.

Le festin de M. Maduro a montré « un manque de respect pour tous les Vénézuéliens », a affirmé Yadira Weir, une institutrice retraitée. Agée de 70 ans, elle est arrivée à Miami en juillet et a trouvé un emploi de femme de ménage pour envoyer de l'argent à sa famille restée au pays.

« Ce restaurant soutient un dictateur vénézuélien et un trafiquant de drogue alors que son peuple meurt de faim et de maladie », indiquait une pancarte portée par un manifestant.

« Nous sommes affamés, il n'y a pas de médicaments, les gens mangent ce qu'il y a aux ordures », a expliqué une autre manifestante, Lucy Arroe, 65 ans. « Ça n'est pas normal qu'il (Maduro) s'offre le luxe de manger d'énormes tranches de viande », a-t-elle ajouté.

Un plat au Nusr-Et, la chaîne de restaurants de Salt Bae, coûte entre 70 et 250 dollars, selon des médias spécialisés. Soit entre deux et huit mois de salaire minimum au Venezuela, en fonction du taux de change.

Le site internet de notation par des utilisateurs Yelp a été inondé de commentaires furieux et a dû finalement fermer sa section de commentaires sur le restaurant, a indiqué le quotidien hispanophone Nuevo Herald.

Une manifestation a également eu lieu mardi devant le restaurant new-yorkais de Nusret Gökçe.

Le chef de l'État vénézuélien a expliqué qu'il avait fait escale à Istanbul pour répondre à une invitation à déjeuner des autorités turques en rentrant lundi d'un voyage en Chine où il était allé chercher des financements.

Les Vénézuéliens, étranglés par la crise économique, souffrent de pénuries qui touchent les produits de première nécessité, notamment les médicaments et les produits alimentaires.

Selon une étude des principales universités du Venezuela, 60 % des habitants ont perdu en moyenne 11 kilos, en raison d'un régime alimentaire carencé en protéines.



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