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Tempête tropicale Florence: presque autant de pluie qu'à Montréal en un an, risque d'inondations «catastrophiques»

Tempête tropicale Florence: presque autant de pluie qu'à Montréal en un an, risque d'inondations «catastrophiques»

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Wilmington | Le risque d'inondations «catastrophiques» restait élevé samedi dans le sillage de la tempête Florence, qui a déjà fait plusieurs morts sur la côte atlantique américaine et continue de déverser d'importantes précipitations pendant sa lente avancée.

La tempête déverse des «quantités monumentales»de pluie en Caroline du Nord, a indiqué samedi le gouverneur de l'État.

Le météorologue Gilles Brien souligne l'importance de ces pluies: «à Newport, en Caroline du Nord, on a noté 600 mm de pluie en 36 heures. C'est pratiquement tout ce qui tombe à Montréal en un an».

Au moins quatre décès, dont une mère et son bébé qui sont morts lorsqu'un arbre a écrasé leur maison, ont été confirmés de sources officielles, les médias américains faisant état d'un cinquième mort. La Caroline du Nord, dans le sud-est des États-Unis, est la plus durement frappée.

L'Agence fédérale de gestion des urgences (Fema) a mobilisé 1200 personnes pour les opérations de recherche et de secours. L'armée américaine ainsi que des volontaires de tout le pays, comme la « Cajun Navy » venue de Louisiane avec leurs bateaux à fond plat, apportent également leur aide.

Les rafales de vent ont fait d'importants dégâts, déracinant les arbres et les poteaux électriques. Plus de 800 000 foyers étaient privés de courant samedi matin, selon les services de gestion des urgences de Caroline du Nord.

Florence avançait samedi à 4 km/h avec des vents de 80 km/h dans l'intérieur des terres à la frontière de la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, sur la côte est américaine, selon le bulletin de 8h diffusé par le centre national des ouragans (NHC).

En Caroline du Nord, les météorologistes s'attendaient à des cumuls de pluie de 25 cm dans les terres et jusqu'à un mètre sur certaines régions côtières.

«Les précipitations vont continuer à provoquer des inondations catastrophiques ainsi que des crues de rivières importantes et prolongées», a mis en garde le NHC.

Le vent avait nettement baissé samedi matin dans la ville portuaire de Wilmington, en Caroline du Nord, mais la pluie, tombée toute la nuit à des intensités variables, continuait à arroser copieusement la région, selon un journaliste de l'AFP.

«Soyez très prudents»

Certains axes principaux semblaient avoir été dégagés des arbres et branchages abattus au passage de Florence la veille, mais la montée des eaux se faisait menaçante.

La Highway 40, très encombrée en début de semaine lorsque la population côtière fuyait les zones à risques, donnait ainsi à voir d'un côté un paysage marécageux au milieu des arbres la bordant.

La circulation était très sporadique. À l'exception de quelques pickups transportant des pompes à eaux ou de véhicules d'intervention, peu se risquaient sur des routes potentiellement inondées, alors que des files importantes se formaient devant les rares stations-essence opérationnelles.

Une partie de la ville de New Bern, environ 30 000 habitants, était sous les eaux depuis vendredi, piégeant des centaines d'habitants. La cité touristique est située à la confluence des rivières Neuse et Trent et proche d'un estuaire.

«Nous avons 4200 maisons endommagées, pas toutes inondées», a expliqué samedi le maire, Dana Outlaw.

«Jusqu'ici nous avons secouru plus de 400 personnes, et une centaine d'autres attendent les secours», a-t-il ajouté sur CNN.

Alors que le soleil a fait une timide percée au nord de l'État samedi matin, le maire a appelé les habitants à rester chez eux.

«Si vous devez sortir, nous comprenons que les gens ont faim et veulent acheter de la nourriture ou faire le plein d'essence, soyez très prudents», a dit M. Outlaw.

Le président américain Donald Trump doit se rendre « en début ou milieu de semaine prochaine » dans les régions affectées, selon la Maison-Blanche.

Alors que la tempête soufflait encore sur la côte atlantique, le président est revenu vendredi soir sur la polémique concernant le bilan officiel de 3.000 morts causés par l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en septembre 2017, dont il conteste les chiffres.

Le bilan n'était que de 16 décès après sa visite «et comme par magie, +3000 MORTS+ (...) PAS POSSIBLE», a-t-il écrit sur Twitter.



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