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Crise politique au Groenland, à la recherche d'un nouveau gouvernement

Crise politique au Groenland, à la recherche d'un nouveau gouvernement

Photo d'Archives, AFP

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Le Groenland, territoire autonome danois aux confins de l'Atlantique nord, se cherchait lundi un nouveau gouvernement après le départ d'un des partis de la coalition suite à des différends sur un projet de nouveaux aéroports.

Les indépendantistes de Naleraq ont quitté dimanche le gouvernement dirigé par les sociaux-démocrates (Siumut) pour protester contre les négociations sur la participation directe de Copenhague au financement de nouvelles infrastructures aéroportuaires.

Leur départ prive le Premier ministre Kim Nielsen de trois mandats nécessaires pour constituer une majorité au Parlement local.

Naleraq lui reproche d'avoir mené ces négociations sans lui et a décidé de claquer la porte alors que le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen est en visite sur cette île immense recouverte de glace aux trois quarts, et qui ne compte que 55 000 habitants pour une superficie quatre fois supérieure à la France.

«L'implosion de ce gouvernement n'est pas une surprise. Elle arrive juste beaucoup plus tôt que prévu, à peine quatre mois après l'élection», a expliqué à l'AFP Mikaa Mered, professeur de géopolitique de l'Arctique, à l'ILERI, à Paris.

Fin avril, le Siumut, qui domine la vie politique groenlandaise depuis 1979, avait remporté une victoire étriquée aux législatives battant Inuit Ataqatigiit (IA), formation gauche-verte qui était donnée gagnante par les sondages.

Faute d'accord sur la pêche, secteur qui représente 90% des exportations groenlandaises, les négociations entre les deux partis, qui ont déjà gouverné ensemble de 2014 à 2018, n'avaient pas abouti.

Mais elles sont au nouveau au programme, selon M. Mered. «L'implosion de la coalition gouvernementale ne signifie pas automatiquement la tenue de nouvelles élections», a-t-il insisté.

Depuis 2009, le Groenland est très largement indépendant dans sa politique économique tandis que les fonctions régaliennes, comme la monnaie, et la politique étrangère et de défense restent du ressort de Copenhague, qui maintient sous perfusion le territoire en lui versant 3,6 milliards de couronnes (483 millions d'euros) chaque année.

En participant directement dans ces nouveaux projets d'infrastructures, dont le manque est criant sur l'île, «l'objectif de Løkke est d'éviter que, faute de moyens, le gouvernement groenlandais accepte de confier le chantier de la construction de ces aéroports à l'entreprise China Communications Construction Company (CCCC), entreprise détendue par le gouvernement chinois», a précisé M. Mered.



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