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Espace: Paris dénonce l'espionnage russe et veut doper ses capacités militaires

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Un satellite russe a tenté l'an dernier d'espionner un satellite français de communications sécurisées, a dénoncé vendredi la ministre française des Armées Florence Parly, en appelant à muscler les capacités de la France dans un espace de plus en plus militarisé.

L'an dernier, «alors qu'Athena-Fidus (un satellite franco-italien, ndr) continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la Terre, un satellite s'est approché de lui, de près, d'un peu trop près», a raconté la ministre lors d'un déplacement au Centre national d'études spatiales (CNES) à Toulouse (sud-ouest).

«Tenter d'écouter ses voisins, ce n'est pas seulement inamical. Cela s'appelle un acte d'espionnage», a-t-elle martelé, en désignant officiellement le suspect: Louch-Olymp, «un satellite russe bien connu mais un peu... indiscret».

«Nous l'avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s'imposaient (...) mais demain, qui dit qu'il ne reviendra pas auprès d'un de nos satellites?», s'est-elle interrogée.

Les États-Unis ont dénoncé le mois dernier «le comportement très anormal» d'un «objet spatial» déployé par la Russie en octobre 2017, et accusé Moscou de développer des armes anti-satellites.

Washington a critiqué dans la foulée le traité proposé par la Russie et la Chine pour empêcher une course à l'armement dans l'espace, en qualifiant le texte d'«hypocrite».

«L'espionnage et les actes offensifs, ça n'arrive pas qu'aux autres, a commenté vendredi la ministre française. Oui, nous sommes en danger, nos communications, nos manoeuvres militaires comme nos quotidiens sont en danger si nous ne réagissons pas», a-t-elle insisté en évoquant les nouvelles menaces planant dans le champ spatial (espionnage, déni de service, destruction de satellites...).

Le président américain Donald Trump compte lancer d'ici 2020 une «Force de l'espace», une sixième branche des forces armées, afin de s'assurer que les États-Unis «dominent l'espace».

- «Stratégie spatiale européenne» -Cette décision américaine lance «un signal extrêmement puissant: le signal des confrontations à venir, le signal du poids pris par le spatial, des défis de demain», selon Mme Parly.

«Nous sommes une puissance spatiale reconnue et nous comptons bien le rester», a-t-elle assuré. «Mais depuis quelques temps, alors que nos voisins changeaient en partie la nature de l'espace, qu'avons-nous fait ? Pas grand-chose. En tout cas peut-être pas assez».

Le président Emmanuel Macron a annoncé son intention de doter l'an prochain la France d'«une stratégie spatiale de défense». Un groupe de travail du ministère des Armées doit rendre des propositions d'ici au mois de novembre.

La Loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit d'ores et déjà un budget de 3,6 milliards d'euros pour le spatial, qui permettront notamment de financer le renouvellement des satellites français d'observation (CSO) et de communication (Syracuse), ainsi que la modernisation du radar de surveillance spatiale GRAVES.

Mais Mme Parly a évoqué vendredi d'autres pistes pour «aller plus loin»: installer par exemple des caméras de surveillance sur les satellites militaires français qui seront lancés à l'avenir, pour «observer l'espace depuis l'espace». Elle n'a pas non plus exclu «la possibilité de se doter de capacités d'action», autrement dit des armes anti-satellites.

La veille, le président Macron avait tendu la main à ses partenaires européens pour se joindre aux efforts français dans le spatial.

«Je proposerai dans les prochains jours avec les collègues prêts à s'y ranger une stratégie spatiale européenne sur le civil et sur le militaire», a déclaré le chef de l'État jeudi à Luxembourg, plaidant pour «l'accélération d'une stratégie de petits lanceurs et de réduction des coûts industriels».



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