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Climat: avec la fonte des glaces, plus de glissements de terrain et de risques de tsunamis

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Le réchauffement climatique pourrait favoriser les tsunamis dans certaines régions de glaciers, à la faveur de glissements de terrain provoqués par la fonte des glaces, souligne une étude parue jeudi.

En 2015, un éboulement massif généré par le recul du glacier Tyndall avait généré un tsunami de près de 200 m dans un fjord de l'Alaska. L'événement, qui n'avait pas fait de victime, n'avait pas fait les gros titres, et pourtant il s'agissait d'un des plus gros tsunamis jamais recensés.

«Les glaciers, en reculant, modifient leur environnement de manière spectaculaire. Dans le cas du fjord de Taan, ce fut un tsunami majeur,» explique Dan Shugar, de l'Université de Washington Tacoma, co-auteur de l'étude publiée dans Scientific Reports.

À l'origine de cette vague hors norme, «un gigantesque glissement de terrain au-dessus du glacier, qui était en net recul depuis la fin du 20e siècle», explique le chercheur.

La glace soutient et limite à la fois les pentes: quand elle fond, le socle rocheux apparaît, vulnérable, soumis à une plus forte probabilité d'éboulement et de glissements de terrain.

«Il nous faut mieux comprendre les risques posés par ces fortes pentes,» ajoute le scientifique, dont l'étude veut servir de référence pour la modélisation des risques.

La plupart des travaux récents se sont intéressés aux tsunamis générés par les séismes. Mais les connaissances manquent sur ceux liés aux glissements de terrain, relativement rares.

«C'est la première fois que des scientifiques ont pu étudier ce type de tsunami du début à la fin,» relève un autre co-auteur, Bretwood Higman, de Ground Truth Trekking. Jusqu'ici le cas de référence était celui de Lituya Bay, également en Alaska, qui s'était produit en 1958.

Cette fois-ci, des images satellitaires notamment ont montré comment, avant l'éboulement, le sol s'était fissuré et avait glissé à la faveur de la fonte du glacier. Les chercheurs ont aussi pu analyser les traces sédimentaires laissées par le tsunami.

«Nous avons pu cartographier en détail les dépôts laissés par l'événement, ce qui permettra de mieux reconstituer où et quand des événements similaires se sont produits, pour nous permettre de mieux cerner le risque», explique Dan Shugar.

La roche du fjord Taan montrait des signes d'instabilité depuis près de 20 ans, avec la perte visible de pans de glace.

«La surveillance du mouvement des pentes des montagnes dans le monde serait un défi technique mais aussi une avancée qui nous permettrait de minimiser le risque», soulignent aussi les auteurs.



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