AFP
AFP

Mystère du corps d'une fillette retrouvé en 1987 en France: ses parents arrêtés

Mystère du corps d'une fillette retrouvé en 1987 en France: ses parents arrêtés

AFP

AFP

L'enquête sur le meurtre d'une fillette non identifiée, dont le corps mutilé avait été retrouvé le long de l'autoroute A10 dans le centre de la France en août 1987, a été spectaculairement relancée avec l'identification et le placement en garde à vue de ses parents.

La fillette jusqu'ici inconnue avait été surnommée «la petite martyre de l'A10». Son corps mutilé portait des traces de brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices dues à des morsures humaines, sans doute d'une femme, selon les médecins légistes.

Le juge d'instruction de Blois (centre), chargé à l'époque du dossier, avait estimé qu'il s'agissait «pratiquement d'un cas d'anthropophagie avec prélèvement de chair».

Les enquêteurs sont remontés jusqu'aux parents de la fillette, jusqu'alors inconnus, grâce à un prélèvement ADN opéré sur son frère qui avait été arrêté dans le cadre d'une tout autre affaire, a-t-on appris auprès du parquet de Blois.

Après comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), une correspondance a été révélée avec des traces ADN retrouvées sur les vêtements et la couverture dans laquelle était enveloppé le corps de l'enfant lors de sa découverte le 11 août 1987 dans un fossé de l'autoroute à Suèvres, dans la région de la Loire. À l'époque, les enquêteurs avaient indiqué que la fillette devait avoir entre 3 et 5 ans.

Grâce à l'ADN du frère, les enquêteurs ont pu identifier et retrouver la trace des parents, un couple de sexagénaires originaires du Maroc, selon le quotidien régional La Nouvelle République. Les enquêteurs ont recoupé les données des allocations familiales pour déterminer qu'un enfant du couple n'était plus recensé.

Les parents ont été placés mardi dernier en garde à vue à Orléans pour meurtre, recel de cadavres, violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans, selon une source proche du dossier. Ils devaient être présentés jeudi matin à un juge d'instruction à Blois en vue de leur inculpation.

Le procureur de Blois Frédéric Chevallier a annoncé qu'il donnera une conférence de presse dans l'après-midi.

À l'époque de la découverte de la «petite martyre de l'A10», la gendarmerie avait lancé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France.

Près de 65 000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6 000 médecins ou assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à la jeune victime.

Le signalement de la fillette avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les endroits publics : Elle mesurait 0,95 mètre, avait les cheveux bruns bouclés et les yeux marron foncé.

Une ordonnance de non-lieu avait été rendue en octobre 1997, après des recherches infructueuses, laissant cette affaire sans espoir d'être résolue.

Le procureur de l'époque Étienne Daures disait pourtant avoir «bon espoir de pouvoir donner un nom» à cette fillette, enterrée anonymement au cimetière de Suèvres, proche du site de la découverte du corps.

La tombe de la fillette était régulièrement fleurie. Sur le monument funéraire est gravée une simple inscription: «Ici repose un ange».



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos