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Commerce: des négociations sino-américaines à l'issue incertaine

Commerce: des négociations sino-américaines à l'issue incertaine

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Donald Trump a envoyé des signaux contrastés jeudi à la reprise des délicates négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, à moins d'une semaine de potentielles nouvelles sanctions américaines sur les marchandises en provenance du géant asiatique.

Le président américain Donald Trump a tweeté une photo de lui, affichant un large sourire, posant aux côtés du vice-Premier ministre chinois Liu He, à l'issue de leur rencontre à Washington, accompagné d'un commentaire sibyllin: « Discussions commerce avec le vice-Premier ministre de la République de Chine ».

Peu avant la réunion, il avait pourtant exprimé son pessimisme quant à l'issue des discussions, déclarant avoir « tendance à douter » qu'il puisse y avoir un accord avec Pékin sur leur conflit commercial. « Et la raison pour laquelle je doute est que la Chine a été trop gâtée. Parce qu'ils ont toujours eu 100 % de ce qu'ils voulaient de la part des États-Unis », avait-il argué.

La réunion avec le haut responsable chinois, un proche du président Xi Jinping, n'était initialement pas à l'agenda de Donald Trump. « Cela signifie qu'il y a un grand intérêt à poursuivre les négociations et à essayer de parvenir à des solutions concernant des pratiques commerciales déloyales et illégales », avait estimé son conseiller économique Larry Kudlow. « C'est ce que nous voulons ».

Selon le New York Times, Pékin serait disposé à faire d'importantes concessions aux Américains mais rien n'a filtré jeudi des échanges entre le président Liu He et Donald Trump, ni sur ceux avec le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Les discussions avec la délégation chinoise se poursuivront vendredi au Trésor.

Liu He, chargé de la politique économique de la Chine, avait mené une première session de pourparlers à Pékin il y a deux semaines avec des hauts responsables américains, dont M. Mnuchin. Mais ces tractations s'étaient achevées sans avancée majeure.

Les réunions dans la capitale fédérale sont donc le prolongement de ces discussions et sont « centrées sur le rééquilibrage des relations économiques entre les États-Unis et la Chine », selon la Maison-Blanche, qui exige notamment de Pékin une réduction de 200 milliards du déficit commercial des États-Unis avec la Chine --il a atteint 375 milliards en 2017.

Donald Trump, qui n'a de cesse de dénoncer les pratiques commerciales « déloyales » de la puissance asiatique, a estimé jeudi que le commerce était « une voie à sens unique » avec ses partenaires commerciaux.

Pékin dans l'attente

Déjà sous le coup de taxes de 25 % sur ses exportations d'acier vers les États-Unis et de 10 % sur celles d'aluminium, la Chine est aussi menacée de nouvelles taxes sur 50 milliards de dollars de marchandises pour compenser ce que Washington considère comme du vol de propriété intellectuelle aux dépens des entreprises américaines.

Un délai de consultation sur la liste des produits chinois qui seraient touchés par ces nouvelles mesures américaines doit expirer mardi prochain. Si aucun compromis n'est trouvé d'ici là sur le rééquilibrage des échanges sino-américains, cette nouvelle menace serait mise à exécution.

De son côté, la Chine a agité la menace de représailles sur les biens américains à hauteur de 50 milliards de dollars. Elle a prévenu qu'elle répondrait mot pour mot aux mesures de rétorsion américaines.

Pékin a en particulier dans le viseur les produits agricoles, dont le soja américain très dépendant du marché chinois et dont les Etats où il est produit sont favorables au président républicain.

La viande de porc américaine et des automobiles fabriquées aux États-Unis sont par ailleurs dans le collimateur des douanes chinoises, qui ont annoncé un renforcement des inspections sur ces produits.

Le ministère chinois du Commerce a dit jeudi espérer que les négociations aboutissent à une résolution des différends. « Mais nous nous tenons bien sûr prêts à répondre à toute éventualité », a indiqué son porte-parole, Gao Feng.

Sur la table des négociateurs se trouve aussi le dossier ZTE. Le géant chinois des télécoms a dû cesser ses principales activités, à la suite de la décision américaine d'interdire pendant sept ans l'exportation de composants électroniques américains destinés à ZTE.

Donald Trump a souligné jeudi que le président chinois lui avait demandé d'intervenir dans ce dossier dans la mesure où de nombreux emplois chinois étaient en jeu. « Je lui ai dit que je regarderais. (...) Mais quoi que nous fassions pour ZTE, c'est une petite partie de l'accord général », a-t-il commenté.



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