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Le Pentagone a financé des forces afghanes accusées d'enfreindre les droits de l'homme

Le Pentagone a financé des forces afghanes accusées d'enfreindre les droits de l'homme

Photo d'archives, wAFP

Le Pentagone a financé des forces de sécurité et de police afghanes même si des responsables américains savaient que des membres de ces unités avaient enfreint les droits de l'homme, selon un organisme public américain chargé de contrôler l'action des États-Unis en Afghanistan.

Le rapport du Sigar, présenté au Congrès en juin, a été déclassifié mardi.

Il affirme que le Pentagone a enfreint à plusieurs reprises la règle américaine dite «Leahy Laws» selon laquelle il est impossible de soutenir des forces de sécurité étrangères s'il existe des informations crédibles sur des violations des droits de l'homme de leur part.

Ainsi douze unités des forces de sécurité afghanes soupçonnées d'être impliquées dans des violations des droits de l'homme en 2013 ont continué de recevoir des financements américains grâce à une «clause dérogatoire», également utilisée pour huit autres unités en 2014.

Le ministère américain de la Défense et le département d'État ont «eu confirmation que des unités des forces de sécurité afghanes avaient commis des infractions flagrantes aux droits de l'homme», a relevé le Sigar.

Le Pentagone a répondu que l'organisme américain ne semblait pas avoir tenu compte des «défis auxquels les forces américaines ont été confrontées dans la mise en place et le soutien des forces de sécurité afghanes».

À la date du 12 juin 2017, quelque 2106 responsables américains suivaient 75 cas de violations des droits de l'homme, dont des bavures, la torture de prisonniers et sept cas d'agressions sexuelles sur des enfants, selon le rapport.

Des enfants sont victimes en Afghanistan du «bacha bazi» (ou «jeu avec les garçons»), une pratique pédophile solidement ancrée dans la police qui consiste à entretenir de jeunes garçons souvent enlevés, maquillés et travestis, pour en faire des danseurs et des esclaves sexuels.

«L'ampleur des agressions sexuelles commises par les forces de sécurité afghanes sur des enfants ne sera peut être jamais connue», s'alarme le rapport.



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