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Réchauffement climatique: des signaux plus alarmants que jamais

Réchauffement climatique: des signaux plus alarmants que jamais

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Reprise à la hausse des émissions de CO2, records de chaleur, montée des eaux: toujours plus alarmants, les indicateurs du réchauffement planétaire soulignent l'urgence d'agir alors que s'achève vendredi à Bonn la 23e conférence climat de l'ONU.

Plus de 15 000 scientifiques de 184 pays ont lancé cette semaine un avertissement face aux risques de déstabilisation de la planète.

Records de chaleur

2017 devrait compter parmi les trois années les plus chaudes jamais recensées depuis le début des relevés - et être l'année la plus chaude en l'absence du phénomène El Nino, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). 2016 devrait conserver son statut d'année la plus chaude, sous l'effet d'un puissant Nino, phénomène météorologique qui affecte tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations.

Le XXIe siècle compte 16 des 17 années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1880.

En Antarctique, la banquise, stable auparavant, affiche un minimum record ou quasi record. La fonte des glaciers alpins s'est poursuivie.

CO2 à la hausse

Les émissions de CO2 liées à l'industrie et à la combustion d'énergies fossiles devraient croître de 2% en 2017 par rapport à 2016 (entre 0,8% et 2,9%), et atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes, après des années 2014 à 2016 quasiment stables, selon le bilan annuel du Global Carbon Project.

En 2016, les concentrations des trois principaux gaz à effet de serre (GES) - CO2, méthane et protoxyde d'azote - ont atteint de nouveaux sommets.

«Alors qu'elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone (...) a atteint 403,3 ppm en 2016» et «représente désormais 145% de ce qu'elle était à l'époque pré-industrielle», soit le plus haut niveau en 800 000 ans, selon l'OMM.

Pour avoir la meilleure chance de rester sous 2°C, la concentration moyenne de GES ne doit pas dépasser en 2100 les 450 ppm CO2eq (équivalent CO2 en partie par million).

Les chercheurs alertent aussi sur la forte hausse des émissions de méthane depuis dix ans, résultants notamment de l'exploitation des énergies fossiles et des activités agricoles.

+3,3 mm par an

Le niveau des océans continue à monter d'environ 3,3 mm par an, et le phénomène semble s'accélérer: le niveau des mers a crû de 25 à 30% plus vite entre 2004 et 2015, par rapport à 1993-2004.

Cette hausse risque de s'intensifier à mesure que glaciers et calottes glaciaires (Antarctique, Groenland) fondent.

La fonte du Groenland est à l'origine de 25% de cette hausse, contre 5% il y a 20 ans.

La hausse, variable selon les régions du globe, a été en moyenne de 20 cm au XXe siècle et pourrait atteindre près d'un mètre à l'horizon 2100.

Sites naturels menacés

Blanchiment des coraux, fonte des glaciers, incendies... Sur les 241 sites naturels classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO, 62 sont désormais «menacés par le changement climatique» contre 35 en 2014 (sur 228), selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Points de bascule

La planète se rapproche de certains «points de bascule», changements irrémédiables pouvant intervenir abruptement une fois certaines températures franchies, souligne une synthèse des réseaux scientifiques Future Earth et Earth League.

Si la température gagne entre 1°C et 3°C, la banquise d'été en Arctique, des portions de la calotte du Groenland et de la calotte de l'ouest de l'Antarctique, de «nombreux» glaciers de montagne et récifs coralliens pourraient disparaître.

Entre 3 et 5°C, l'Amazonie pourrait se transformer en partie en savane et les courants marins profonds affectant la météo des côtes nord-atlantique se modifier.

- Catastrophes naturelles -Selon des études, le nombre de sécheresses, incendies de forêts, inondations et ouragans a doublé depuis 1990.

La violence des typhons sur la Chine, Taïwan, le Japon et les deux Corées, devrait s'en trouver accrue. Les typhons ont déjà gagné 12 à 15% d'intensité sur l'Est et le Sud-Est de l'Asie ces 35 dernières années.

Dans le même temps, la fréquence des tempêtes extrêmes a triplé sur le Sahel du fait du réchauffement.

Même si la hausse du thermomètre mondial est limitée à 2°C, les vagues de chaleur vont devenir plus fréquentes, notamment dans les zones tropicales.

1688 espèces affectées

Sur les 8688 espèces menacées ou quasi-menacées, 19% (1.688) sont déjà affectées par le réchauffement, du fait de températures et phénomènes extrêmes.



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