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Les Japonais votent, victoire en vue pour Abe

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TOKYO | Les Japonais votaient dimanche pour des législatives anticipées déclenchées par le chef du gouvernement Shinzo Abe qui devrait emporter haut la main un nouveau mandat à la tête de la troisième économie du monde dans un contexte de menaces de la Corée du Nord.

Le Premier ministre nationaliste semble en passe de gagner son pari et de rester aux commandes jusqu'en 2021, au-delà des jeux Olympiques de Tokyo 2020, ce qui lui donnerait le record de longévité d'un Premier ministre au Japon.

Après une brève campagne de 12 jours centrée sur la Corée du Nord et les questions économiques, les bureaux de vote ont ouvert sous une pluie incessante dans la capitale et la majeure partie du pays, où un typhon devrait entraîner vents forts et précipitations tout au long de la journée.

La participation pourrait en être affectée même si un grand nombre des quelque 100 millions de Japonais en âge de voter ont déposé leur bulletin à l'avance, ce qui est possible plusieurs jours avant le scrutin.

Pour les analystes, une faible participation bénéficierait au Premier ministre dont les électeurs conservateurs sont plus déterminés.

« Je soutiens la posture de Shinzo Abe de ne pas céder face à la pression coréenne. Je veux qu'il continue à faire preuve de cette volonté ferme en coopérant avec les États-Unis et la Corée du Sud, c'est pour moi un point important dans cette campagne », a déclaré Yoshihisa Iemori, patron d'une entreprise de construction, venu voter dans le centre de Tokyo.

Suspense

Dans un dernier discours enflammé samedi, M. Abe, qui soutient la position américaine consistant à maintenir « toutes les options » sur la table, sous-entendu y compris militaire, s'est engagé à contrer les menaces de la Pyongyang, qui a parlé de « couler » l'archipel, au-dessus duquel le régime a déjà tiré des missiles. « Lorsque la Corée du Nord nous menace sciemment et avive les tensions, il ne faut pas hésiter ».

La coalition de son Parti libéral démocrate (PLD, droite) avec le parti Komeito devrait remporter environ 300 des 465 sièges de l'assemblée, selon les dernières projections.

Il devancerait ainsi de loin une opposition morcelée et faible : le Parti de l'espoir (droite) de la charismatique gouverneure de Tokyo Yuriko Koike et le Parti démocrate constitutionnel (centre gauche), fraîchement créés, obtiendraient chacun une cinquantaine de sièges.

Dans la composition finale de l'assemblée réside un suspense de cette élections : si M. Abe et ceux qui partagent ses vues maintiendraient une majorité des deux tiers à la Chambre basse, tout comme c'est le cas au Sénat.

Il s'agit là d'une condition nécessaire pour convoquer un référendum proposant de premiers changements dans la Constitution pacifiste, dictée en 1947 par les États-Unis après la reddition du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dont l'article 9 consacre la renonciation « à jamais » à la guerre.

Enferré dans des scandales de favoritisme qui ont pesé sur sa cote de popularité, affaibli par une défaite historique de son parti à l'assemblée de la ville de Tokyo en juillet face à Mme Koike, M. Abe, 63 ans, a joué fin septembre la carte de la dissolution de la chambre basse, plus d'un an avant le scrutin prévu.

« Parti sans espoir »

« Sur le plan moral, c'est vraiment n'importe quoi. A ce rythme, le pays court à sa perte. On n'avait jamais vu de politicien comme lui (Shinzo Abe) au Japon », critique à ce sujet Etsuko Nakajima, une retraitée de 84 ans.

M. Abe a pris de court une opposition désorganisée pour tenter de faire peau neuve. Mme Koike a alors créé la surprise en annonçant qu'elle prenait la tête d'un nouveau mouvement politique.

Cette femme de droite de 65 ans, ex-vedette de la télévision au sens aigu de la communication, ancienne ministre de M. Abe et elle aussi nationaliste, a ainsi précipité la décomposition du principal parti d'opposition, le Parti démocrate tandis qu'un ex-ténor, Yukio Edano, défenseur de son aile gauche, créait le Parti démocrate constitutionnel du Japon.

Mais la gouverneure a vu sa cote de popularité fondre en ne se présentant pas au Parlement, dans un pays où la Constitution impose que le Premier ministre soit choisi parmi députés ou sénateurs. « Il apparaît à présent que le Parti de l'espoir est sans espoir », a ironisé Michael Cucek, professeur à l'Université Temple de Tokyo.

Face au vieillissement de la population, à la déflation qui mine l'économie depuis deux décennies et à une croissance poussive, M. Abe vante sa politique de relance « abenomics » faite de largesses budgétaires et d'une politique monétaire consistant à alimenter le marché en liquidités. Yuriko Koike lui reproche de ne pas mener de réformes structurelles et promet de geler un projet de hausse de la TVA.

« Nous ne devons pas en rester au statu quo de la politique flasque qui n'est pas parvenue à mener des réformes drastiques et nécessaires », a-t-elle lancé.



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