AFP
AFP

Affaire Weinstein: la liste des accusations d'agressions sexuelles s'allonge

Affaire Weinstein: la liste des accusations d'agressions sexuelles s'allonge

AFP

AFP

Los Angeles | Une ex-actrice a accusé Harvey Weinstein de l'avoir forcée à lui toucher le pénis tandis que l'avocat d'une Italienne qui accuse le producteur déchu de viol a donné des détails sur l'agression présumée en 2013 à Los Angeles.

Le producteur américain est devenu un paria à Hollywood après une série d'accusations d'agressions sexuelles qui ont émergé depuis le 10 octobre. Il a été, entre autres, renvoyé de sa maison de production et expulsé de l'Académie des Oscars.

M. Weinstein, 65 ans, soutient que toutes ces relations sexuelles étaient consenties.

Heather Kerr, aujourd'hui âgée de 56 ans et qui avait alors une vingtaine d'années, a raconté vendredi lors d'une conférence de presse qu'au cours d'une rencontre pour discuter de sa carrière naissante d'actrice, interrompue peu après, le producteur lui avait « attrapé la main, l'a placée de force et tenue sur son pénis », assurant que « c'est comme ça que les choses marchent à Hollywood ».

Tandis qu'elle fondait en larmes, son avocate Gloria Allred l'a consolée, déclarant: « Harvey, toi - et les autres comme toi - vous êtes finis. Les femmes n'accepteront plus ça ».

Gloria Allred, célèbre pour défendre des victimes d'agressions sexuelles, représente aussi Louisette Geiss, une ex-actrice qui accuse le producteur, jadis l'un des plus puissants d'Hollywood, de s'être exhibé nu devant elle et de lui avoir demandé de le regarder se masturber.

Mmes Geiss et Kerr font partie d'une cinquantaine de femmes, essentiellement des actrices ou employées de sa maison de production, qui accusent Harvey Weinstein de harcèlement et d'agressions sexuelles, notamment de viol, dont des vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Ashley Judd et Lupita Nyong'o.

Jeudi, la police de Los Angeles (LAPD) avait confirmé enquêter sur les accusations d'une actrice et mannequin italienne, la sixième à accuser le producteur de viol, après notamment Rose McGowan, Asia Argento, Lysette Anthony et l'ex-comédienne Lucia Evans.

Vendredi, son avocat David Ring, au cours d'un point presse, a souligné que cette femme de 38 ans, mère de famille, comptait rester anonyme et coopérait pleinement avec l'enquête criminelle du LAPD.

Elle accuse Harvey Weinstein, longtemps l'une des figures les plus influentes d'Hollywood, de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel à Los Angeles en février 2013, après l'avoir brièvement rencontrée à l'occasion d'un festival de cinéma italien.

«Elle n'avait aucune aspiration à devenir actrice aux États-Unis», a précisé M. Ring.

Plus grand regret

M. Weinstein s'est ensuite rendu à son hôtel et il a «forcé le passage de sa chambre».

«Ce qui lui est arrivé est vraiment horrible», «son plus grand regret est d'avoir ouvert cette porte», car l'agression qui a suivi a eu « un impact dramatique sur sa vie», assure M. Ring.

Jeudi, la comédienne avait expliqué au quotidien Los Angeles Times qu'Harvey Weinstein était «devenu très rapidement agressif et demandait à (la) voir nue». «Il m'a attrapée par les cheveux, et m'a forcée à faire quelque chose que je ne voulais pas. Ensuite il m'a traînée dans la salle de bains et m'a violée».

M. Ring a conclu en expliquant qu'il serait «prématuré» de porter plainte.

Des enquêtes pour agressions sexuelles et viols sont déjà en cours à Londres et New York sur l'ex-magnat du cinéma.

Un représentant de M. Weinstein a déclaré au site internet d'informations sur les célébrités TMZ qu'après une semaine de soins en Arizona, le producteur en disgrâce allait «rester en Arizona un mois supplémentaire environ, car il ne souhaite pas être dérangé et veut continuer à travailler avec ses médecins».

Le site cite également le principal psychologue de M. Weinstein, s'exprimant avec l'autorisation de ce dernier pour dire qu'il «fait face à sa colère, son attitude envers les autres, le travail pour fixer des limites et les prémices d'un travail sur l'empathie». M. Weinstein est «investi dans le programme», ajoute le psychologue.

Dans une lettre ouverte publiée dans la presse américaine, les employés de la Weinstein Company ont affirmé qu'ils savaient qu'ils travaillaient pour une personnalité «au tempérament notoirement» inflammable, mais qu'ils ne savaient pas, en revanche, qu'il était « un prédateur sexuel».

«Nous savions que c'était un homme à femmes avec de multiples affaires extra-conjugales, mais pas un agresseur violent et un violeur», concluent-ils, alors que beaucoup des accusatrices ont évoqué la complicité souvent active de nombre d'employés de la Weinstein Company.

Remerciant les femmes qui ont eu le courage de prendre la parole, ils déplorent aussi des « environnements de travail menaçants, hostiles, inhumains très répandus dans notre secteur ».



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos