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Le torchon brûle entre Donald Trump et John McCain

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Après un vif échange avec Bob Corker il y a quelques jours, Donald Trump s'en est pris avec virulence à un autre sénateur républicain, John McCain, au risque de s'aliéner des voix cruciales dans son propre camp.

La relation n'était certes déjà pas au beau fixe entre le promoteur immobilier de New York arrivé au pouvoir sans la moindre expérience et le vieux routier du Sénat, féru de politique étrangère et de stratégie militaire. Mais mardi, la tension est montée d'un cran.

«Certains devraient faire attention parce qu'à un certain moment, je riposte», a lancé le président américain, interrogé sur les critiques - vives, bien qu'indirectes - du sénateur de l'Arizona à son encontre.

«Je suis très, très gentil. Mais à un certain moment, je riposte, et cela ne va pas être beau à voir», a-t-il ajouté sur la radio WMAL.

Interrogé peu après dans les couloirs du Congrès sur ces échanges tendus avec M. Trump, M. McCain a haussé les épaules: «Je fais ce que je dois faire (...) Je fonctionne comme cela depuis 35 ans».

«J'ai fait face à de rudes adversaires dans ma vie», a ajouté ce vétéran du Vietnam qui fut torturé dans les geôles de Hanoï.

Dans un discours prononcé à Philadelphie lundi soir, le républicain de 81 ans, figure du Sénat où il siège depuis 1986, avait, sans le nommer, décoché une série de flèches aiguisées au président américain.

Il avait en particulier mis en garde contre la tentation de «refuser l'obligation de leadership sur la scène internationale au nom d'un nationalisme bancal et fallacieux conçu par des gens qui préfèrent trouver des boucs émissaires que de résoudre les problèmes».

«Nous avons fait du bien dans le monde. Ce leadership a parfois eu un coût (...) mais nous avons l'obligation morale de poursuivre notre juste cause. Nous ne pourrons prospérer dans un monde dont seraient absents notre leadership et nos idéaux», avait-il ajouté, sous des applaudissements nourris, après avoir reçu la Médaille de la liberté du National Constitution Center.

- 'Lincolnesque' -Le sénateur de l'Arizona a reçu le soutien appuyé de Mitt Romney, qui fut, comme lui, candidat républicain malheureux à la Maison Blanche.

«J'ai été candidat contre lui, je suis parfois en désaccord avec lui, mais fier d'être l'ami de John McCain: héros, homme de caractère et, hier soir, Lincolnesque», a-t-il lancé sur Twitter en référence à Abraham Lincoln, 16e président des États-Unis, connu pour son éloquence.

Au cours des mois écoulés, le sénateur républicain a parfois exprimé son désaccord avec les orientations du locataire de la Maison Blanche, comme lorsqu'il a refusé de voter l'abrogation de la loi sur la couverture maladie de Barack Obama, connue sous le nom d'Obamacare.

Mais il a aussi dit ses doutes sur le président lui-même, comme fin août lorsqu'il a estimé qu'il était «mal informé» et pouvait être «impulsif dans sa parole et son comportement».

Durant la campagne, le candidat Trump -qui n'a jamais servi dans l'armée- avait publiquement remis en cause l'honneur de John McCain. «J'aime les gens qui ne se font pas capturer», avait lancé le milliardaire, provoquant une vague d'indignation à Washington.

Ce pic de tensions entre le président et John MCcCain intervient quelques jours après une prise de bec d'une violence peu commune avec Bob Corker.

Après des échanges d'amabilités via Twitter interposé, le sénateur du Tennessee, qui préside la puissante commission des Affaires étrangères, avait exprimé son inquiétude quant à la capacité de Donald Trump à diriger la première puissance mondiale.

Chercher querelle à ces élus est une stratégie à haut risque pour un président qui peine. Les républicains, sur lesquels Donald Trump devra s'appuyer pour faire passer la grande réforme fiscale promise en campagne, disposent d'une très courte majorité au Sénat: 52 voix sur 100.



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