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L'ouragan Maria déferle sur Porto Rico

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SAN JUAN | Après avoir déferlé sur les Îles Vierges américaines, l’ouragan Maria a touché Porto Rico mercredi matin, avec son cortège de vents déchaînés et de trombes d’eau, qui ont fait au moins deux morts dans les Antilles françaises mardi.

L’oeil de cet ouragan «extrêmement dangereux», qui oscille entre catégorie 4 et 5 (le maximum) et engendre des vents soufflant jusqu’à 240 km/h, est arrivé près de Yabucoa, dans le sud-est de Porto-Rico, vers 6 h 15 locales, a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC).

«Le vent fait le bruit d’une femme criant à pleins poumons», a twitté de Fajardo le photographe Mike Theiss, qui se présente comme un «chasseur de tempêtes». «Nous sommes absolument pilonnés», a-t-il ajouté. Le cyclone qui se déplace actuellement vers le nord-ouest à 17 km/h, traverse ce territoire américain et devrait passer ensuite au nord de la République dominicaine.

Depuis lundi, Maria traverse les Caraïbes déjà mises à mal par l’ouragan Irma il y a quinze jours, en apportant son lot d’inondations, de toits et arbres arrachés, de coupures d’électricité. Sur Sainte-Croix, une des Îles Vierges américaines, des rafales ont soufflé à 220 km/h, selon le NHC.

Mais dès mardi soir, le vent y était «déjà très violent et intense», expliquait une habitante, Coral Megahy, 31 ans, disant «entendre des débris voler».

Sur Saint John, autre Île Vierge américaine encore sonnée par le passage d’Irma, ce nouvel ouragan a plié les arbres et engendré des dégâts matériels, sans victime recensée à ce stade. Couvre-feu Un couvre-feu a été instauré dans les Îles Vierges britanniques, «extrêmement vulnérables», selon le premier ministre Orlando Smith, après Irma qui y a fait 9 morts.

Plus de 1300 militaires britanniques ont depuis été déployés dans les Caraïbes. Mais, malgré les craintes, «il semble que les Îles Vierges britanniques ne seront pas aussi durement touchées que précédemment», a estimé mercredi sur la BBC le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Alan Duncan.

L’ouragan Maria avait auparavant frappé les Antilles françaises, notamment la Guadeloupe où au moins deux personnes sont mortes et deux sont portées disparues, ainsi que La Dominique, qui a été ravagée. Il a ensuite longé Saint Kitts and Nevis et Montserrat. Dans cette dernière île, les conséquences ne devraient pas non plus être aussi terribles qu’après Irma, selon Alan Duncan.

Maria semble aussi avoir épargné l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin, où Irma a fait 15 morts: «à ce stade, rien d’alarmant», indiquait mercredi matin la ministre française des Outre-mer Annick Girardin, qui se trouve en Guadeloupe. «Nous avons eu du vent et des pluies, mais comparé à Irma, ce fut une brise», a relativisé Gordon Snow, rédacteur en chef du Daily Herald de Saint Maarten à Paradise FM.

Les autorités françaises locales ont abaissé mercredi le niveau d’alerte, maximal la veille, à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. En revanche, La Dominique a été violemment frappée mardi, même si aucun mort n’a été recensé. Ce territoire indépendant de quelque 73 000 habitants a «perdu tout ce qui pouvait être perdu», selon son premier ministre Roosevelt Skerrit.

Des images aériennes de l’AFP montrent une partie de l’île jonchée de débris, notamment de toitures arrachées.

Réchauffement climatique

À Porto Rico, les 3,5 millions d’habitants se sont rués dès mardi dans les magasins pour acheter des produits de première nécessité, protégeant de leur mieux leurs maisons et commerces. Quelque 500 abris pouvant accueillir près de 67 000 personnes ont été ouverts pour faire face à un ouragan qui «pourrait être le pire du siècle à Porto Rico», selon Ricardo Rossello Nevares, le gouverneur de ce territoire où 5000 foyers sont toujours privés d’électricité depuis le passage d’Irma.

À 5 h 00 (heure locale), 11 229 personnes y avaient trouvé refuge, selon un tweet du gouverneur qui a ensuite appelé au «calme» et à la «prudence» sur le réseau social. Le président français Emmanuel Macron a affirmé mardi que «ces ouragans sont une des conséquences directes du réchauffement climatique», déplorant la décision américaine de sortir de l’accord de Paris sur le climat.

Depuis New York, Jovenel Moïse, le président de Haïti qui se prépare aussi au passage de l’ouragan, a également incriminé le changement climatique: «Nous, les pays de la Caraïbe, ne sommes pas les grands émetteurs de gaz à effet de serre, mais aujourd’hui, nous payons les pots cassés».

Irma a tué quelque 40 personnes dans les Caraïbes, avant de s’abattre sur la Floride où le bilan des décès liés à cet ouragan est passé mardi à 58.

 



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