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Haïti: violente manifestation contre le budget

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PORT-AU-PRINCE | Un mouvement de contestation opposé au budget national, voté samedi par les députés, a paralysé mardi plusieurs quartiers de la capitale haïtienne Port-au-Prince, des zones de tension où plusieurs commerces et véhicules ont été endommagés.

«Ces petits voleurs du Parlement ont voté ce budget pour aider le gouvernement à exploiter le peuple», accuse Marco Paul Delva devant une barricade de pneus enflammés à proximité du Parlement.

La circulation dans le centre-ville de Port-au-Prince et sur les principales artères de la ville était difficile sinon totalement impossible en raison des pierres et pneus jetés sur les routes.

Le cortège n'a pas été de grande ampleur mais le mouvement de contestation a pris la police par surprise, les officiers se trouvant dans l'incapacité d'intervenir sur tous les points de blocage de l'aire métropolitaine.

Au moins deux voitures ont été incendiées et les vitrines de nombreux commerces ont été brisées par les pierres jetées par les manifestants lors de leurs passage, a pu observer une journaliste de l'AFP.

La colère des manifestants réunis en petits groupes à des carrefours stratégiques se focalise sur le budget voté la semaine dernière par les sénateurs et approuvé samedi par les députés.

«Pour renouveler son permis de conduire, il faudra maintenant montrer le reçu comme quoi on a payé 10 000 gourdes (192 $) d'impôts. Qu'importe si on est un pauvre chauffeur de taxi moto ou un vendeur ambulant de boissons. Mais les gros bourgeois, eux, ne paient jamais rien : grâce à leur corruption, ils ne paient pas l'eau, l'électricité ou l'impôt sur le revenu», dénonce Jean Claude Reimbold. «Nous faire payer une carte électorale 1000 gourdes (8$): on veut nous priver de tous nos droits», enrage-t-il.

Dans les quartiers les plus pauvres de la ville, les habitants soutenant le mouvement répètent ces mêmes exemples de nouvelles taxes, en ignorant qu'il s'agit de fausses informations.

L'office national d'identification, en charge de la production des cartes d'identité, qui servent également de cartes électorales, a démenti lundi la rumeur laissant croire que ce document gratuit serait facturé 1000 gourdes une fois le nouveau budget entré en application.

Si le certificat de déclaration de revenus sera désormais obligatoire pour le renouvellement de divers démarches administratives, la somme de 10 000 gourdes (192$) ne sera demandé qu'aux contribuables ayant un revenu annuel de plus de 60 000 gourdes (1152$). Ce premier paiement est conçu comme un forfait initial pour inciter les Haïtiens à déclarer leurs revenus, obligation à laquelle pour l'heure seule une minorité se plie.

Au-delà de ces contestations violentes de rues, le budget national pour l'année 2017-2018 suscite la désapprobation du milieu judiciaire : juges et magistrats envisagent d'entamer un mouvement de grève au cours de la semaine car le montant alloué à leur secteur ne suffira pas même à payer les salaires des fonctionnaires.



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