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L'absence de John McCain du Sénat force un report du vote sur la santé

L'absence de John McCain du Sénat force un report du vote sur la santé

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Nouveau rebondissement dans la saga de la réforme républicaine du système de santé: le républicain John McCain sera absent du Sénat cette semaine après une intervention chirurgicale et ne pourra pas voter, forçant un report de l'examen de cette loi, pour laquelle sa voix est indispensable.

Il en est ainsi du Sénat américain, très exclusive chambre haute du Congrès avec seulement 100 sièges, deux pour chacun des 50 États fédérés. Les majorités y sont souvent minces, et la différence entre l'adoption et le rejet d'un texte peut ne reposer que sur un seul membre.

Au Sénat américain, chaque élu doit voter en personne, les procurations n'étant pas permises.

John McCain, 80 ans, est l'un des 52 sénateurs de la majorité républicaine. Le groupe démocrate compte 48 membres. Au dernier comptage, deux républicains sont opposés au texte sur la santé, ce qui nécessite le soutien des 50 autres.

John McCain a été opéré vendredi à Phoenix, dans son État de l'Arizona dans l'ouest du pays, pour retirer un caillot sanguin de cinq centimètres au-dessus de son oeil gauche. Une intervention qui nécessite une convalescence au moins toute cette semaine, selon son bureau.

Or la majorité avait prévu d'ouvrir ce mardi les débats sur le plan républicain d'abrogation partielle d' «Obamacare», la loi démocrate sur la couverture maladie de 2010, dont les républicains et Donald Trump ont promis de débarrasser l'Amérique. Avec un vote final initialement prévu aux alentours de vendredi.

Tout a été reporté sine die, jusqu'au retour de John McCain.

«Dès que nous aurons le plein contingent de sénateurs, nous voterons», a dit dimanche John Cornyn, le numéro deux du groupe.

Obamacare plaît

Leur plan prévoit de réduire les aides publiques au système de santé, de supprimer des réglementations et des impôts créés par Obamacare, et de donner plus de souplesse aux assureurs privés dans ce qu'ils doivent et ne doivent pas couvrir.

Cette réforme est controversée. Les démocrates sont unanimement opposés, et les républicains sont divisés.

D'un côté, des ultra-conservateurs regrettent qu'elle n'aille pas assez loin dans le démantèlement de la loi de Barack Obama. De l'autre, les modérés s'inquiètent des coupes franches dans le budget de la santé, qui frapperaient les populations les plus vulnérables, notamment parmi les personnes suivant un traitement contre la dépendance aux opiacés, ou celles vivant dans les zones rurales, où l'accès aux soins dépend déjà fortement du système public.

Les chefs républicains ont donné des concessions à ces factions rivales sous la forme d'amendements, mais le suspense demeure sur leur capacité à limiter les défections et à sauver le texte.

En cause, notamment, l'inclusion dans leur projet de réforme de propositions du sénateur du Texas Ted Cruz, qui veut autoriser les assureurs à s'émanciper de nombre de garde-fous de l'ère Obama afin d'offrir des couvertures allégées et moins chères, et qui ne couvriraient que des soins essentiels. Ce qu'Obamacare visait justement à éviter.

La très puissante fédération des assureurs privés dans le domaine de la santé, America's Health Insurance Plans (AHIP), a dénoncé ces propositions comme une sorte d'usine à gaz «impossible à mettre en oeuvre».

Face à ces épisodes, l'ancien vice-président de Barack Obama, le démocrate Joe Biden, a appelé les républicains à abandonner leur plan et à s'entendre avec les démocrates pour améliorer le système existant.

«Ils veulent nous ramener en arrière, à une époque pas si ancienne, quand les Américains pouvaient se voir refuser des soins parce qu'ils n'en avaient pas les moyens», a écrit Joe Biden dans une tribune au Washington Post.

Pour les républicains, il en va cependant de leur parole. Depuis 2010, ils ont fait campagne en permanence pour abroger Obamacare. Un échec serait l'aveu humiliant que leur promesse n'a jamais été réaliste, a fortiori face à un sondage du Washington Post qui montre que la moitié des Américains préfèrent Obamacare au projet républicain, qui ne recueille que 24% de préférence.



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