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Agence QMI

Un homme abattu après avoir attaqué des militaires à l'aéroport de Paris

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Dernière mise à jour: 18-03-2017 | 14h29

Un homme, identifié comme un Français connu des services de renseignement, a agressé samedi matin une patrouille de militaires à l'aéroport d'Orly, au sud de Paris, avant d'être abattu.

L'attaque, sur laquelle une enquête a été confiée au Parquet antiterroriste, a semé la panique au terminal sud d'Orly, deuxième aéroport parisien après Roissy-Charles de Gaulle, entraînant l'évacuation de 3 000 passagers, la mobilisation d'importantes forces de sécurité et l'interruption du trafic.

Vers 08h30, au premier étage du hall 1 du terminal sud, l'homme de 39 ans agresse une femme membre de la patrouille de trois militaires qui opère dans le cadre de l'opération Sentinelle. Celle-ci mobilise 7 000 soldats pour faire face au risque terroriste dans le pays depuis les attentats meurtriers de 2015.

Il tente de s'emparer de l'arme de la militaire, un fusil-mitrailleur Famas, selon le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux.

Selon la même source, il ne réussit pas à s'emparer de l'arme. Mais, selon des sources proches de l'enquête, il y est bien parvenu au cours d'un corps-à-corps.

«Il se débat avec la militaire pour lui prendre son Famas. La lutte dure un temps assez long, peut-être 30 secondes ou une minute. Il arrive à faire passer le Famas au-dessus de la tête de la militaire et il met la sangle dans son dos», a détaillé à l'AFP une de ces sources.

«Il la tenait par le cou, et il menaçait les deux autres militaires avec le fusil de la femme» qu'il tentait d'arracher, a raconté un témoin.

Les deux collègues de la militaire ont «ouvert le feu pour la protéger» et «protéger tout le public», a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Une opération de déminage a été menée mais aucun explosif n'a été retrouvé.

L'homme abattu est «connu des services de police et de renseignement», a par la suite indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'homme, un Français de 39 ans, était fiché pour une affaire de vol à main armée, son casier judiciaire comporte «neuf mentions» pour des faits de droit commun, et il faisait l'objet d'une interdiction de quitter le territoire.

«Détecté comme radicalisé», il avait fait l'objet en 2015 d'une perquisition administrative, qui «n'avait rien donné», selon une source policière.

Une heure et demie avant l'attaque à Orly, il avait tiré sur des policiers avec un pistolet à grenaille lors d'un contrôle routier au nord de Paris, puis avait volé un autre véhicule avant de se rendre à l'aéroport.

Son père et son frère ont été placés en garde à vue, selon les mêmes sources, et des perquisitions étaient en cours samedi à son domicile de Garges-lès-Gonesse (nord de Paris).

«Panique générale»

Le président François Hollande a «(salué) le courage» des policiers et militaires face à un «individu particulièrement dangereux».

Il a souligné «la détermination de l'Etat à agir sans relâche pour lutter contre le terrorisme, défendre la sécurité de nos compatriotes et assurer la protection du territoire».

La veille, M. Hollande, avait jugé que l'état d'urgence, instauré lors des attentats de novembre 2015 (130 morts), en devait pas être levé, après l'explosion d'un colis piégé au siège du FMI à Paris.

Mais alors que la France est en pleine campagne électorale pour la présidentielle en avril-mai, la candidate d'extrême droite Marine Le Pen s'en est prise vertement au gouvernement.

«Notre gouvernement est dépassé, ahuri, tétanisé, comme un lapin dans les phares d'une voiture», a affirmé Mme Le Pen, lors d'un meeting à Metz (nord-est), fustigeant «la lâcheté de toute la classe politique devant le fondamentalisme islamiste».

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a dénoncé «l'outrance» de ces propos, dans une déclaration à l'AFP.

À Orly, où le trafic aérien a été totalement interrompu samedi matin, les autorités déroutant des dizaines de vols, l'attaque a suscité panique et pagaille, sans faire de blessés.

Les témoins qui ont assisté à l'attaque ont décrit une scène aussi brève que violente.

Sofiane Slim, agent d'escale de la Royal Air Maroc, se trouvait au rez-de-chaussée quand ont retenti les coups de feu. «Ca a été la panique générale: les gens couraient de partout».

Le trafic aérien a repris par étapes dans l'après-midi.

L'attaque est survenue un mois et demi après une précédente agression contre une patrouille militaire au musée du Louvre, au cœur de Paris. Un Égyptien de 29 ans y avait attaqué les soldats à la machette, avant d'être blessé grièvement.

Elle intervient également alors que la Belgique s'apprête à commémorer le 1er anniversaire des attentats de l'aéroport et du métro de Bruxelles le 22 mars (32 morts).



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