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Une tribu va déposer plainte contre le mur de Trump

Une tribu va déposer plainte contre le mur de Trump

Frontière du Mexique à Agua Prieta, Sonora.AFP

Dernière mise à jour: 18-03-2017 | 02h35

MEXICO - Une tribu du nord du Mexique, dont le territoire s'étend par-delà la frontière avec les États-Unis, va déposer plainte contre le projet de mur frontalier de Trump avec l'appui du gouvernement mexicain, a-t-on appris vendredi.

«Un mur dans un désert ne fera qu'affaiblir notre culture déjà fragmentée» a dénoncé Alicia Chuhuhua, une responsable de la tribu Tohono O'Odham dans un communiqué, indiquant qu'une plainte auprès de la Cour interaméricaine des droits de l'Homme sera déposée.

«On ne peut pas permettre que se produise une violation des droits de cette ethnie», a commenté de son côté à l'AFP Jaime Martinez, chargé du dialogue avec les peuples indigènes auprès du gouvernement mexicain, qui appuiera cette plainte qui devrait être déposée en avril.

Le territoire des Tohono O'Odham a été divisé en 1848 lorsque la frontière entre le Mexique et les États-Unis a été dessinée.

Néanmoins, les 30 000 membres de cette communauté vivant entre l'État de Sonora au nord du Mexique et l'État d'Arizona (États-Unis), possèdent un permis spécial leur permettant de franchir librement les 120 kilomètres de frontière qui traverse leur territoire.

Dans cette zone, la frontière est délimitée par une simple clôture.

Le projet de mur anti-migrants que le président américain veut faire payer par le Mexique a déclenché la pire crise diplomatique entre les deux pays depuis des décennies.

L'ouvrage menace également la vie culturelle et familiale des Tohono O'Odham.

La tribu veut déposer plainte pour empêcher la construction «de cette barrière physique qu'on veut construire chez nous», explique Mme Chuhuhua.

M. Martinez assure que la plainte s'appuiera sur les accords existants portant sur les tribus indigènes des États-Unis signés devant l'ONU et l'Organisation des États Américains (OEA).

Ces textes stipulent que les tribus séparées par une frontière internationale «ne peuvent être, en aucune façon, divisées ni empêchées de circuler librement», souligne-t-il.

Si malgré une recommandation de la Cour interaméricaine des droits de l'homme, le président américain s'obstine à construire le mur, «je pense que le scandale va être plus grand que celui du mur de Berlin, parce que là-bas il n'y avait pas les instruments juridiques que nous avons ici», prévient ce responsable.

Donald Trump va demander pour son premier budget 2,6 milliards de dollars au Congrès américain pour «la planification, l'élaboration et la construction» du mur frontalier.

Il veut aussi recruter une vingtaine d'avocats pour obtenir les terres sur lesquelles sera bâti l'ouvrage polémique.


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